Fermer la publicité

Maîtriser le coût des salariés, à quel prix ?

Isère le 06 novembre 2015 - Caroline THERMOZ-LIAUDY - Vie juridique - article lu 107 fois

Maîtriser le coût des salariés, à quel prix ?
professionnels du management et syndicats expliquent aux élus isérois leurs visions de la maitrise de la masse salariale

C'est au centre de gestion de l'Isère (CDG) que s'est tenue la dernière réunion de l'association des maires de l'Isère (AMI). Elle concernait la maîtrise de la masse salariale. Spécialistes du management et syndicats sont venus présenter leurs points de vue aux élus. Points de vue qui divergeaient, comme on pouvait s'y attendre.

En période de disette, la maîtrise de la masse salariale est un enjeu capital pour les collectivités. Damien Guiguet, maire de Meylan explique que « le terme de "maîtrise" est bien choisi mais complexe car on ne maîtrise pas tous les aspects : règles d’avancement, cotisations sociales, sont des points qui nous échappent. Il y a un paradoxe car l’esprit général est à la raréfaction de l’argent public, alors que les demandes n’ont jamais été aussi importantes. Nous avons l’exercice difficile de devoir établir des priorités ».

Quand on parle de contenir, voire de réduire la masse salariale d’une collectivité, le problème est double : le statut est une première contrainte, la grille de points une autre. «  Le coût augmente, même si on n’en prend pas la décision. C’est une hausse mécanique de 2 à 3 % par an », explique Frédéric Castoldi, directeur du CDG, qui conseille de synthétiser ces données sur un tableau trimestriel, afin d’en suivre l’évolution, et de pouvoir comparer ces chiffres dans le temps et l’espace. « On voit ce qui se fait ailleurs, on voit où on en était l’an passé à la même période… » Il propose aussi une quinzaine de leviers, des simples et des plus ambitieux, tels que le non remplacement des agents malades (voir encadré).

Des propositions, qui n’ont pas vraiment plu à Damien Martinez, représentant syndical CGT. « Réduire la masse salariale est une mauvaise idée, car cela revient à réduire le service public. Enlever des postes ne rendra pas le personnel plus efficient, mais moins disponible. En 5 ans de gel du point d’indice, les agents ont déjà perdu 3,5 % de pouvoir d’achat.  […] Tous les leviers présentés doivent être travaillés avec du dialogue social, car les agents sont capables d’entendre et de comprendre les besoins de réduction, à condition que le dialogue ne soit pas tourné en dérision.» Les collectivités tentent déjà d’augmenter leurs marges de manœuvre. Une intervention dans le public soulignait que « pour réduire le coût de contractuels extérieurs, nous envisageons d’inclure une part variable qui récompenserait le présentéisme. » Mauvaise idée pour le syndicat, qui affirme que la solution pour éviter l’absentéisme, c’est la bonne organisation du travail.

Au Versoud, une expérimentation est en cours pour optimiser les charges de personnel. Plutôt que d’agir sur la politique salariale, le maire a préféré repenser le mode de fonctionnement en calibrant au plus juste les moyens aux besoins. La démarche ne vise pas seulement la diminution des effectifs (absences non compensées pour les courtes durées). Elle prend également en compte les coûts induits. « On a lancé une démarche d’accompagnement au retour à l’emploi pour les contractuels non repris. Seize personnes étaient concernées, soit quatre ETP (équivalents temps plein). On a aussi revu le niveau d’entretien des bâtiments, en ne nettoyant plus les bureaux ou les classes tous les jours, mais tous les 2, 3 ou 4 jours. » Le taux d’encadrement en périscolaire va aussi changer cette année : un animateur aura la charge de plus d’enfants, et les lieux d’accueils péri-scolaires des différents établissements sont mutualisés.

Des efforts qui devront se poursuivre pour adapter les communes à la diminution des dotations. Au Versoud, les économies en 2015 se chiffrent à 45 000€, et ce sera 172 000€ en 2016.

Caroline Thermoz-Liaudy
 

 

15 leviers pour maîtriser la masse salariale, c’est possible ?

Frédéric Castoldi propose une quinzaine de leviers, « certains simples à mettre en place, d’autres plus ambitieux ». Parmi eux : le  non-remplacement des agents malades, la diminution du budget formation, l’évolution des pratiques en matière d’heures supplémentaires et d’astreintes,  le réexamen des avantages sociaux ou la modulation des avancements. Il propose aussi la possibilité de non remplacer à l’identique les départs en retraites, par exemple, un temps plein devient un temps partiel, ou un agent de catégorie A est remplacé par un B. Autre possibilité, très en vogue en ce moment : la mutualisation, via les EPCI ou les nouvelles communes.
 



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide