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Mémoire/Marie-José Chombart de Lauwe : Résistante !

Isère le 27 mars 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Actualités - article lu 1660 fois

Mémoire/Marie-José Chombart de Lauwe : Résistante !
Marie-José Chombard de Lauwe, entourée de Christine Crifo et Olivier Cogne à droite et Michel Rahon et Alice Buffet à gauche (D.R.)

La rencontre était programmée au musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, qui porte aussi le nom de Maison des droits de l’Homme.

Dans le cadre de la semaine « Mémoires et Résistances » organisée par les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et par son président Michel Rahon, Marie-José Chombart de Lauwe avait fait escale dans plusieurs collèges et lycées de l’agglomération. Entrée en résistance alors qu’elle n’avait que 17 ans, Marie-José a rejoint « La bande à Sidonie » fondée par ses parents sur l’île de Bréhat. Bande qui devient le réseau de renseignements « Georges France 31 ». Devenue agent de liaison, elle est arrêtée le 22 mai 1942 avec ses parents. Incarcérée, elle subit de nombreux interrogatoires, et vit dans des conditions extrêmement dures. Pourtant, lorsqu’elle raconte, son œil est plein de malice au souvenir des stratagèmes qu’elle trouvait pour discuter avec les autres détenus, et d’admiration pour les condamnés qu’elle y a rencontré : « Je les entendais parler avec courage et dignité ».Déportée à Ravensbrück, au camp des femmes, elle connaît l’horreur. Classée N-N : « Nacht und Nebel », il n’existe aucun document attestant de sa déportation. « Il fallait faire de nous des fantômes. Dès l’arrivée au camp, les officiers SS nous déshumanisaient. Notre identité était ramenée à un numéro. » Après de nombreuses tâches difficiles, elle est affectée à la « chambre des enfants », auprès des nourrissons nés dans l’enfer nazi. « Sur les 500 bébés nés entre l’été 44 et avril 45, une quarantaine seulement ont survécus. » Mais une nouvelle fois, ce n’est pas la tristesse que l’on voit dans ses yeux, mais la fierté d’avoir aidé les mères et les enfants. « Nous n’avions pas assez de biberons, mais nous avons fait appel à la solidarité du camp. Nous avons rassemblé des petites bouteilles, et volé les gants d’un officier, pour en faire des tétines. » Au printemps 1945, elle échappe finalement à sa condamnation à mort. Elle est libérée par la Croix-Rouge après son transfert à Mauthausen. Marie-José Chombart de Lauwe n’a eu de cesse tout au long de sa vie de témoigner de ce qu’elle avait vécu durant les années sombres de la guerre. Au-delà de la Guerre, elle est devenue une militante pour le respect de la dignité humaine et pour les droits de l’enfant.

Caroline Thermoz-Liaudy


Toute une vie de résistance, Marie-José Chombard de Lauwe, 196 pages, éditions Graphein-FNDIRP.



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