Fermer la publicité

Rhône-Alpes Cinéma : « Touche pas au grisbi…»

le 22 mai 2014 - Eric Séveyrat - Collectivités locales - article lu 750 fois

Le fonds régional d'aide au cinéma Rhône-Alpes cinéma est menacé ... Etienne Tête, l'élu « EELV » à l'origine de cette action en justice contre .

Deux cents vingt films co-produits depuis 1990, des retours d'images importants (tous les films sont tournés en Rhône-Alpes), des retombées sonnantes et trébuchantes. En 2012, Rhône-Alpes Cinéma affiche 9 M€ de retombées financières, pour 2,7 M€ investis. Exemple : Belle et Sébastien (budget 10 M€, 400 000 € investis par le fonds régional) tournée en Rhône-Alpes a ainsi occasionné 2,6 M€ de dépenses locales en hébergements, dépenses courantes, prestations diverses...
Le fonds régional a été initié en 1990 par Roger Planchon. C’est ce système d’aide régionale directe à un organisme co produisant des films qui est attaqué, et condamné le 7 mai dernier par le tribunal administratif de Lyon au motif de l'absence de validation par la Commission européenne du système d'aides présenté par Centre national du cinéma (CNC). Ce dernier est en  train d’étudier une  parade juridique avec Rhône-Alpes Cinéma. Etienne Tête, l’élu « EELV » à l’origine de cette action en justice contre la Région, est un coutumier du fait en matière de procédures, au niveau lyonnais (où il fut élu municipal au côté de Gérard Collomb) et au niveau de Rhône-Alpes, dont il est conseiller régional.
La structure, dirigée par Grégory Faes, compte six personnes, et fonctionne avec 3 M€, dont 2 M€ apportés par la Région et 1 M€ par l'Etat via le CNC. Rhône-Alpes cinéma soutient tous types de films pour peu qu’ils soient tournés dans la région. Pour le président de la Région Jean-Jack Queyranne : « cette décision de justice menace la pérennité de Rhône-Alpes Cinéma dans son statut de coproducteur. Elle met en péril tout le système d'aides des Régions au cinéma français. » Le 20 mai fut projeté en sélection officielle du Festival de Cannes Géronimo, dernier opus de Tony Gatlif tourné à Saint-Etienne. Exemple de film co-produit par Rhône-Alpes Cinéma, qui a investi en 2013 dans 13 œuvres pour un total de 3,4 M€.
Pour les élus régionaux PS, la solution « juridique » de l’Etablissement public de coopération culturelle (EPCC) n’est pas idéale : « au regard de ce qui est pratiqué dans d’autres régions, indiquent-ils, la création d’une structure publique (de type EPCC) constituerait l’exception : la plupart des Régions financent en gestion directe ou via des subventions à des associations… » De son côté le groupe des élus Front de gauche et communistes se désolidarise des écologistes. La droite est silencieuse. Affaire à suivre.

Eric Séveyrat



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide