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Loire : les conseillers généraux refusent la nouvelle carte cantonale

Loire le 09 février 2014 - Daniel Brignon - Actualités - article lu 771 fois

Loire : les conseillers généraux refusent la nouvelle carte cantonale
Longue séance au conseil général de la Loire, vendredi 31 janvier, abordant pourtant une seule question : prononcer un avis sur le nouveau découpage des cantons proposé par le ministère de l'Intérieur, qui devrait s'appliquer à l'issue des élections cantonales de mars 2015. Du vote, qui a divisé l'assemblée même au sein des groupes, il ressort un rejet de la carte par 24 voix contre et 16 pour.

Le projet de décret créant une nouvelle carte cantonale, élaboré au ministère de l’Intérieur, a été reçu par la préfète le 23 décembre et transmise au conseil général le lendemain avec pour ce dernier l’exigence de prononcer dans un délai de six semaines un avis, positif ou négatif, purement consultatif, et éventuellement des remarques et retouches adressées dans le cadre d’une saisine au Conseil d’Etat.

C’était l’objet de la séance du conseil général, juste dans le délai.

Cette nouvelle carte (publiée dans notre édition du 10 janvier dernier) que la préfète venait présenter répond à une volonté de rééquilibrage démographique des cantons - en nombre divisé par deux (21 au lieu de 40) - devant ne pas s’écarter de la moyenne départementale de 35 664 habitants de plus de 20 % en dessus ou en dessous. Le rapport de population entre le moins et le plus peuplé actuellement de 1 à 10,71 (entre Saint-Georges-en-Couzan : 3 677 habitants et Saint-Just-Saint-Rambert : 39 397 habitants), est ainsi ramené dans la nouvelle carte de 1 à 1,47. L’exercice s’est révélé compliqué et la règle démographique entraîne « des incohérences » selon des conseillers généraux à commencer le président Bernard Bonne qui s’est livré à une attaque en règle de la carte et ses auteurs, teintée d’une certaine irritation.

« Tripatouillage électoral »

Il dénonçait tour à tour le « défaut de concertation », « l’attaque de la ruralité » que la carte représenterait, en donnant, par le critère démographique, « une prime à la représentation des agglomérations et des villes au détriment des campagnes » ; « la recomposition artificielle du département, déconnectée de toute dimension de bassin de vie », enfin « la suspicion de tripatouillage électoral ». Il a fallu un long débat de procédure, d’une heure et demi, avant que l’assemblée ne se résolve à répondre à la demande du président souhaitant un vote individuel en préalable à tout débat. Dans le tour de table organisé par ordre alphabétique pour que chacun exprime à tour de rôle un avis, le débat était déjà bien ouvert.

Dans le groupe majoritaire, Union pour la Loire, on discernait une identité de vues et un avis de fermeté contre la carte. La plupart des conseillers la jugeait incohérente avec les bassins de vie et les intercommunalités, comme le soulignait Jean-François Barnier, très affecté par « le découpage farfelu » de son canton, le Chambon-Feugerolles, relié au quartier de Saint-Roch à Saint-Etienne « par une bande de 300 m de large ». « Le non-respect des bassins de vie » était dénoncé également par le groupe Indépendance et démocratie qui rejette aussi la carte. Ils ajoutaient aux griefs la sous-représentation des territoires ruraux, issue d’une application trop serrée du critère démographique.

La règle démographique, appliquée sans souplesse, amène à oublier la dimension territoriale, la cohérence des bassins de vie, arguent à leur tour les élus du groupe Gauche républicaine, qui néanmoins, « sans enthousiasme » et « à contre cœur », approuveront. Il y reconnaissent de positif d’avoir repris pour le futur canton de Renaison les contours de leur proposition d’intercommunalité alternative de la Côte roannaise lors de la refonte de l’intercommunalité. Le groupe de la gauche démocrate et socialiste s’est exprimé en faveur du projet, saluant au premier chef la parité qu’institue la loi, « un tournant historique ». Un élu de ce groupe, Lucien Moullier se désolidarise toutefois de ce vote, rejetant un « découpage arbitraire qui éloigne les élus de la proximité territoriale ». Dans le groupe Gauche citoyenne-Front de gauche, René Lapallus n’allait pas non plus dans le sens approbateur de ses deux collègues, dénonçant l’éloignement du citoyen des lieux de décision que provoque une carte qui s’inscrit dans une refonte plus globale de l’organisation territoriale « aggravant la fracture avec les électeurs ».


Daniel Brignon


Des amendements

Le Département a collecté les demandes de corrections adressés au Conseil d’Etat. Parmi celles-ci on note un consensus pour rétablir les communes de Champdieu et Essertines-en-Châtelneuf dans le canton de Montbrison (7e), et plus au nord, les communes les Régny et Saint-Victor-sur-Rhins dans le périmètre du nouveau canton du Coteau (4e) où est intégré Saint-Symphorien-de-Lay. Le nouveau grand canton du Pilat (8e), « Pélussin », pose problème en englobant les communes du bassin versant du Gier (La Valla-en-Gier, Doizieux, La Terrasse-sur-Dorlay, Sainte-Croix-en-Jarez), qu’il est proposé de rattacher aux cantons de Rive-de-Gier (10e) et Saint-Chamond (13e). J.-P. Blanchard souligne l’incohérence d’associer l’ancien canton de Chazelles au nouveau de Feurs (5e) et propose de le rattacher au nouveau dit d’Andrézieux-Bouthéon (1er) où figure Saint-Galmier.



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