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Loire-Forez : et l'obscurité fut !

Loire le 25 avril 2015 - Louis Thubert - Collectivités locales - article lu 319 fois

Loire-Forez : et l'obscurité fut !
Siel - Loire Forez était équipé d'1 lampadaire pour 5 habitants, contre 1 pour 7 au

Confronté à un nombre de candélabre par habitant supérieur à la moyenne nationale et à la consommation d'énergie engendrée, la Communauté d'Agglomération Loire Forez va diminuer le nombre de ses réverbères et éteindre l'éclairage public dans certaines communes. Des décisions peu en accord avec les présupposés, mais payantes sur plusieurs plans.

« La plaine du Forez, c'est Noël tous les jours ! », lance, un brin provocateur, Jérôme Peyer, conseiller communautaire en charge de l'environnement et adjoint au maire de Boisset-Saint-Priest. La Communauté d'Agglomération présente, en sa présence mais aussi avec Alain Berthéas, président de l'intercommunalité et Michel Robin, vice-président en charge de la voirie et maire de Périgneux, son plan pour une politique d'économie d'énergie.
L'idée générale est pour le moins surprenante : éteindre la lumière. Dans le cadre du changement des candélabres utilisant des lampes à vapeur de mercure (1), tous les réverbères ne seront pas changés. Il faut dire que Loire Forez était suréquipé en éclairage public : un lampadaire pour cinq habitants, contre un ratio de un pour sept au niveau national. Et les lampes au mercure représentent presque 28 % du parc (19 % dans le département). L'intercommunalité s'est alors engagée à baisser de 20 % sa consommation énergétique d'ici 2018. L'un des postes proposant le plus de marge de manoeuvre dans ce sens est l'éclairage public.
Déjà, des candélabres sont démontés : 191 à Sury-le-Comtal. Mais pas question de plonger de force les communes dans le noir : « Il faut faire en sorte que les élus municipaux se réapproprient la décision de l'éclairage public », indique Alain Berthéas. Loire Forez travaille aussi avec le Siel, le Syndicat intercommunal d'énergie de la Loire. « Par le passé on était incité à faire de l'éclairage par des subventions du Siel », témoigne ainsi Michel Robin.


Loin de résister, les communes commençent à jouer le jeu : Saint-Georges-Haute-Ville et Boisset-Saint-Priest éteignent tous leurs lampadaires la nuit, Essertines-en-Châtelneuf, une partie de son éclairage public. Cette remise en question a des effets bénéfiques : les édiles ont découverts que les abribus étaient assez peu éclairés ! Et quand les lumières des villages ne brillent plus, le mobilier urbain est moins dégradé. Jérôme Peyer pointe l'enjeu de la biodiversité : un éclairage mieux pensé permet aux animaux de poursuivre leurs activités. Sans oublier l'aspect communication : « De l'éclairage public qui ne sert à rien, quel image ça donne de la collectivité ? » interroge Jérôme Peyer. « L'image d'une collectivité qui jette l'argent par les fenêtres » conclut le président de Loire Forez.

NOTES: 1) Energivores et interdits à la vente par une directive européenne.



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