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Loi Macron : les notaires disent « non Bercy ! »

Isère le 11 décembre 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Actualités - article lu 854 fois

Loi Macron : les notaires disent « non Bercy ! »
Me David Ambrosiano (D.R.)

Mercredi dernier, ce ne sont pas moins de 500 notaires isérois qui devaient se joindre au cortège parisien composé d’avocats, d’huissiers, de greffiers, de commissaires-priseurs, et d’autres notaires, venus de toute la France.

Une première qui a mobilisé la chambre iséroise et son président Me David Ambrosiano, qui ont affrété un train spécialement pour l’occasion, et qui ont commandé des centaines d’écharpes rouges, signe de ralliement des manifestants. « M. Macron a réussi à mettre d’accord avocats et notaires, c’est historique ! ».
Une mobilisation des professions juridiques unique, suscité par la loi Macron. En septembre déjà, et pour la première fois de leur histoire, les notaires avaient manifesté en région devant leurs préfectures, mais cette fois, c’est Paris qui devait être le théâtre de leur colère, de la Place de la République à celle de l’Opéra. «  On nous a menti. Pendant des semaines, le gouvernement nous a écouté mais aucune de nos propositions n’a été retenue. Le gouvernement a feint la négociation, il  a fait exactement ce qu’il a voulu ». Mercredi donc, ce n’est plus des arrangements, mais le retrait pur, simple et immédiat du texte. Sinon ? « Sinon, nous exercerons le pouvoir de nuisance. Nous ne pouvons pas bloquer des routes, mais 21Md€ d’impôts sont collectés par nos offices chaque année, et se sont plus de 600M€ collectés par nous qui transitent par la caisse des dépôts et consignations. » Et d’ajouter quelques minutes plus tard : « Rassurez-vous, les notaires ne feront jamais rien d’illégal ! ».
Avant la journée d’action nationale des professions juridiques, les étudiants isérois, futurs notaires, ont été invités à assister à la conférence de presse donnée par Me Ambrosiano. «  On nous reproche d’être une profession pas assez jeune, pas assez féminisée, et pas assez ouverte. Mais la moyenne d’âge est de 48 ans, et je suis la preuve que la méritocratie fonctionne dans le notariat », et de se retourner vers l’assemblée étudiante,  où un élève sur les 25 a des parents notaires, et où les femmes sont aussi nombreuses que les hommes. Quel avenir pourtant pour ces étudiants ? « Depuis quelques années, les contraintes se multiplient et rendent difficiles les possibilités d’associations. Le passage par le salariat est indispensable pour un jeune avant de penser à l’association ou à l’installation. On compte aujourd’hui 1 notaire pour 2 associés, contrainte indispensable au bon fonctionnement, mais que la loi Macron veut abolir. »

Caroline Thermoz-Liaudy



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