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Logement social - Frédéric Rolland : La SDH anticipe les changements

Isère le 03 août 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Région grenobloise - article lu 3443 fois

Logement social - Frédéric Rolland : La SDH anticipe les changements
(D.R.)

2013 a été une année de latence dans de nombreux secteurs à cause des élections municipales ? Etait-ce le cas pour les activités de la SDH ? Bien sûr.

2013 a été une année de latence dans de nombreux secteurs à cause des élections municipales ? Etait-ce le cas pour les activités de la SDH ?

Bien sûr. En tant qu’acteur social du logement on est en prise directe avec les décideurs. Dans ce cadre-là, on a été impacté en 2013-2014 comme on l’est à chaque élection. Des projets ont été mis en « stand-by », ou annulés car ils ne correspondaient plus à la nouvelle ligne politique. Mais nous sommes moins directement impactés par ces éléments politiques que par les éléments conjoncturels liés à la crise de l’immobilier. Le groupe de partenaires que nous sommes (Safilaf, promoteur immobilier, SDH, opérateur social et Isère Habitat, coopérative sociale), sommes toujours engagés dans des opérations mixtes avec de l’accession sociale ou de l’accession libre. On est donc forcément impactés par les éléments économiques. Pour faire de la mixité sociale avec 25% de logements sociaux, il faut 75% de logements privés. L’impact de la mévente des opérations immobilières est plus important que l’impact politique. Cependant, la période électorale implique un trou d’air de presque un an. L’équipe sortante stoppe les décisions presque 6 mois avant le scrutin, et la nouvelle équipe s’il y a changement peut mettre 6 mois à saisir réellement les enjeux. Hors entre la décision d’un projet et la remise des clés il y a 3 à 4 ans. Il faut donc que les élus se dépêchent sinon le mandat sera terminé.

A Grenoble, le nouveau maire n’a pas tardé à proposer des changements ?

Nous avons des interrogations concernant la ville-centre de la future métropole. Nous sommes en attente de plus de visibilité. Des décisions ont été prises rapidement, pour moins de densité urbaine et plus de logements sociaux. A Grenoble, on a eu une importante période de construction de ZAC, puis il y a eu un creux depuis 2 ans le temps que les nouvelles ZAC soient lancées. Mais avec ces premières décisions, il y aura soit des sursis, soit des reports, soit des annulations.

Comment anticipez-vous la réforme des collectivités ? Comment allez-vous être impacté ?

La SDH a anticipé la nouvelle donne de la Métropole - c’est surtout ce changement-là qui va nous impacter, contrairement à des bailleurs comme l’OPAC qui seront plus directement concernés par la disparition du conseil général. On a mis en place une nouvelle organisation dont on vous parlera début 2015. On refond l’organisation pour répondre au mieux à la nouvelle segmentation géopolitique.

Entre les élections et les réformes, avez-vous pu envisager des projets ?

On ne peut pas se contenter de subir les éléments hexogènes. En tant que chef d’entreprise, je dois avoir une vision à long terme. Je pense au niveau d’exigence qui augmente, aux locataires de plus en plus exigeants sur la qualité de leur logement, et aux conséquences économiques qui font que les fonds baissent. De plus les premiers touchés par la crise sont nos locataires, et les impayés augmentent, cette population se paupérise. 50% des logements qui sont alloués le sont à des personnes sans revenus, ce qui n’est normalement qu’une partie de notre métier.  Il faut que l’on continue à se battre, et il faut que chacun comprenne qu’il faut recréer de la valeur. Si on continue sur cette voie, on va créer les ghettos de demain. Nous misons sur la mixité, sociale comme générationnelle.

Pourquoi vouloir développer autant l’accession sociale ?

Les conditions pour emprunter sont actuellement bonnes. Mais il y a une pénurie d’offres accessibles, notamment pour les primo-accédants. C’est une clientèle que les promoteurs ont complètement perdu. L’accession sociale est un moyen de la retrouver,  avec des montages financiers particuliers, et un foncier acheté moins cher grâce à la participation des collectivités. On propose au final des produits bien en deçà du prix du marché, (avec une clause de non-spéculation). L’autre vecteur serait celui des zones ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine), à TVA réduite, que l’on pourrait développer. Pour pouvoir proposer des produits accessibles aux primo-accédants, il y a aussi une autre solution, et c’est peut-être ce message qu’il faut faire passer aux élus pour que cela remonte au gouvernement : il faut accepter de réduire la TVA. Il faut relancer la machine. 10% de TVA de quelque chose est toujours meilleur à prendre que 20% de rien.

Dans quelles conditions avez-vous été élu le 1er juillet dernier à la tête d’Absise, (association des bailleurs sociaux de l’Isère) ? Quelles sont vos ambitions pour ce mandat ?

Nous sommes une dizaine d’organismes HLM regroupés (soit 75.000 logements), avec une présidence tournante tous les 2 ans… Il se trouve que c’était mon tour ! On est sur un projet fédérateur et partagé avec des décisions de groupe. Il ne s’agit donc pas de révolutionner le fonctionnement. Mais chaque président, selon sa sensibilité, influence des thèmes. Pour moi, ce sera certainement, dans le cadre du logement et des différentes réformes, comment Absise va pouvoir accompagner certaines communes, mais aussi l’expansion de la métropole.

Vous avez également intégré l’observatoire de l’institut HLM de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) ?

L’institut a été créé pour promouvoir la démarche RSE, moi je siège au conseil d’orientation avec une vingtaine de parties prenantes, (organismes HLM, représentants du BTP, des architectes, des associations de locataires…) Le principe du RSE, c’est de se demander, quel est pour un opérateur, l’impact de ses décisions sur son environnement. Pour que notre activité soit durable, il faut s’assurer de l’équilibre entre les parties économique, sociale et environnementale. La SDH s’est rapidement et fortement engagée dans la démarche RSE qui est une démarche volontaire. Il s’agit de demander aux parties prenantes ce qu’elles attendent, de leur expliquer ce que je veux, et de monter le projet ensemble, en mettant chacun face à ses responsabilités. Nous l’avons fait dans nos logements sur la sécurité, ou  les gestes éco-citoyens. Seul on va vite, mais ensemble on va plus loin.

Propos recueillis par  Caroline Thermoz-Liaudy



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