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Logement - Pluralis : la rénovation du Champ-Berton prendra du temps

Isère le 11 septembre 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Région grenobloise - article lu 1838 fois

Logement - Pluralis : la rénovation  du Champ-Berton prendra du temps
Le quartier du Champ-Berton à Saint-Martin-d'Hères (D.R.)

Quelles sont les opérations symboliques qui ont été menées par Pluralis ? Didier Monnot : Nous avons déjà travaillé sur le vivre ensemble, sur des petits bâtiments, où les locataires ont à la fois leur logement personnel, et sont responsables collectivement des parties communes, où ils peuvent aussi partager des moments en collectivité.

Quelles sont les opérations symboliques qui ont été menées par Pluralis ?

Didier Monnot :
Nous avons déjà travaillé sur le vivre ensemble, sur des petits bâtiments, où les locataires ont à la fois leur logement personnel, et sont responsables collectivement des parties communes, où ils peuvent aussi partager des moments en collectivité. C’est un modèle que l’on est en train de réinventer avec l’habitat participatif.
Avant cela, en 2008, nous avons réalisé les premiers logements sociaux passifs de France. C’était la « petite Chartreuse », soit 6 logements à la Terrasse. Cela a permis de participer à la mise en place des labels utilisés aujourd’hui.

Quelles évolutions avez-vous constaté depuis cette première réalisation nationale ?

DM :
Aujourd’hui on est davantage sur du BBC que sur du passif, mais ce qui est positif c’est que c’est devenu la norme. Aujourd’hui, tout l’appareil de production du bâtiment s’est organisé pour répondre à ces objectifs de performance. A l’époque par exemple nous n’avions pas d’entreprise pour entretenir nos pompes à chaleurs particulières, et le verre triple vitrage qui était fabriqué en France a failli venir de Suisse car il n’était vendu qu’à l’étranger.
Depuis cet été, vous êtes propriétaires des logements du Champ-Berton, un quartier de 290 logements à Saint-Martin-d’Hères, qui a fait l’objet de nombreuses tentatives de rénovation par d’autres bailleurs.

Qu’est-ce qui a fait que votre projet a pu aboutir ?

DM :
C’est une très ancienne copropriété dont la majorité était détenue par une société privée, mais la commune a souhaité que ce patrimoine revienne sous le contrôle de la puissance publique par le biais d’un bailleur, au vues de certaines insuffisances de gestion. Les exigences financières des vendeurs ont fait que d’autres opérateurs se sont cassé les dents. Nous avons eu plus de chance en reprenant une négociation. La Métro, l’Etat, le Conseil Général et la Région se sont mobilisés pour nous accompagner.

Comment va se passer la réorganisation ? Quelles seront les grandes lignes du projet ?

Michel Brun :
Déjà nous allons investir dans du personnel, avec une personne de la ville qui sera chargée de la gestion du Champ-Berton. Pour le reste, on ne va rien démolir, mais on ne s’interdit pas de restructurer. Il faut surtout noter que nous n’en sommes qu’aux prémices et que cela va être long. On parle d’un projet sur 6 ans environ. On n’est que sur la phase de prévisions et nous ne sommes pas rentrés concrètement dans le projet. L’appel d’offre pour retenir l’architecte a été lancée pendant l’été, et on le déterminera à la fin du mois de septembre. A partir de là, nous irons diagnostiquer l’ensemble des logements et affiner ce que l’on a imaginé. Dans les grandes orientations, on va travailler avant tout l’aspect thermique : mettre en place un chauffage collectif, créer une installation d’eau chaude et rénover les façades. On vise la norme BBC rénovation. On va aussi travailler l’accessibilité, avec l’installation d’ascenseurs sur certains bâtiments, et la création de balcons. Durant les travaux, on devra reloger certaines familles, on pourra faire de la réhabilitation en site occupé, et puis il y aura certainement du relogement provisoire, dans la montée d’à côté sur une quinzaine de jours par exemple. Mais nous en saurons plus en début d’année prochaine, il faut aussi en discuter avec les habitants. Sur le plan financier : l’acquisition aura coûté 12 M€, pour un budget global de 26M€.

En tant que bailleur social vous êtes déjà obligé d’encadrer vos loyers. Mais en tant qu’acteur du logement  sur l’agglomération grenobloise, comment réagissez-vous à la demande du président de la Métro pour le logement privé ?


DM :
En tant qu’acteur du logement on pèse autour de 20% des logements du territoire, or un grand nombre des personnes qui relèvent de ces niveaux de loyers ne peuvent pas s’y loger aujourd’hui. (NDLR : il faut différencier le logement social du logement très social). Toute mesure qui permet de réduire l’écart entre le public et le privé est la bienvenue. Pour en venir spécifiquement à cette mesure, le problème vient davantage de sa complexité que de sa finalité. Les modalités pratiques de mise en œuvre seront-elles applicables ?

Vous agissez sur l’agglomération qui va devenir une métropole, et sur l’ensemble du département qui ne sera bientôt plus géré par un conseil général. Comment vous préparez-vous ?


DM :
Depuis 2008, le conseil général n’a plus vraiment de politique du logement social, et se mobilise sur le logement très social qui représente 25% du parc social. Donc que cet acteur disparaisse au profit d’autres, ça va dans le bon sens. Idem pour les autres territoires urbains, comme le Grésivaudan ou le Pays Voironnais. La vraie question se pose dans les zones rurales : que va-t-il se passer dans les zones non couvertes par une intercommunalité ? C’est une réflexion à mener au niveau du SCOT : le vrai bassin d’habitat et d’emploi.

Caroline Thermoz-Liaudy



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