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Ninon Vallin, le destin d'une voix

Isère le 30 novembre 2014 - Eric Séveyrat - Livres - article lu 807 fois

Ninon Vallin, le destin d'une voix

Cent soixante pages sur cette grande dame, qui serviront de référence, dont Patrick Barruel-Brussin, ancien chargé de cours à l'université de Lyon, artiste lyrique lui-même, s'évertue depuis toujours à honorer le souvenir de façon vivante, en collectant des témoignages, des enregistrements d'époque, et toutes sortes de « reliques » et documents.

Mais aussi en montant des manifestations lyriques, comme directeur artistique du Festival Ninon Vallin, dont il est à l’origine en Isère.
A force d’insister, ce « Vallinomaniaque » réussit avec talent à faire (re)connaître cette grande dame oubliée, du calibre d’une Sarah Bernhardt ou d’un Caruso pour l’art lyrique. La lecture de Ninon Vallin, La voix d’un destin est simple et fluide, agrémentée de très nombreuses photos, manuscrits, affiches d’époques, encadrés et digressions qui permettent au lecteur de feuilleter, de « picorer » ça et là quelques « miettes » de la vie foisonnante de cet étonnant personnage qu’était Ninon Vallin, née le 8 septembre 1886 à Montalieu-Vercieu (Isère), morte le 22 novembre 1961 à Lyon.
Immense cantatrice de la première moitié du XXe siècle, elle était tout autant aventurière, effectuant une grande partie de sa carrière à l’étranger, notamment en Amérique du Sud (Argentine, Uruguay, Argentine, Mexique). Issue du même coin du Dauphiné que Berlioz, elle effectue ses études au Conservatoire de Lyon, d’où elle sort premier prix d’art lyrique avec les félicitations du jury en 1910. Elle avait déjà, en 1909, interprété son premier rôle, Ruth, au théâtre de Bourgoin. Dans les années 30, elle acquiert une propriété, « La Sauvagère » à Millery dans le Rhône, où elle séjournait et faisait venir de nombreux musiciens et artistes.


Air des bijoux  (« Ah ! je ris de me voir si belle en ce miroir »), extrait de Faust de Charles Gounod.

Millery puis Sainte-Foy-les-Lyon, ses dernières demeures

Elle dut s’en séparer en 1959, pour venir vivre ses dernières années dans un petit appartement à Sainte-Foy-lès-Lyon. Elle aura foulé les planches des plus grandes scènes d’opéra du monde, de Milan à Caracas, en passant par Paris, le Canada ou la Nouvelle-Zélande. Elle interpréta des œuvres de Massenet, Charpentier, Fauré, Puccini, Bizet, Debussy… Il reste de nombreux enregistrements des œuvres lyriques de Ninon Vallin, et quelques images dont deux films de 1938 et 39. Patrick Barruel-Brussin donne méticuleusement le plus possible de références dans son ouvrage ; un nouveau double CD sortira en décembre sur le label Ninon Vallin dont le « lavage technologique » a été effectué avec des étudiants de Lyon 2.
« Ninon Vallin a su initier des vocations, précise Patrick Barruel-Brussin : Pierre Boulez a 17 ans quand il la rencontre. La vie de cette femme est incroyable. Divorcé en 1916, elle prend un cargo et part en Amérique du Sud. Elle mène une existence d’une grande modernité. Elle apprit la langue des indiens péruviens, le quechua. Elle était capable de chanter à la Maison Blanche le 4 juillet 1938, puis, quelques jours plus tard, de venir chanter à la fête de la paroisse de Montalieu-Vercieu. Elle donna un concert à l’Alhambra avec Edith Piaf en 1948, créa des œuvres contemporaines, reprises par Luis Mariano, Georges Guettary, Gene Kelly… »
Avec cet ouvrage, Patrick Barruel-Brussin, rend hommage à cette grande dame qui le passionne, mais en aura t-il jamais fini avec Eugénie Vallin, dont la vie et l’œuvre semblent d’inépuisables sujets ?

Eric Séveyrat

 

Ninon Vallin, La voix d’un destin de Patrick Barruel-Brussin, éditions LivresEMCC.



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