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Linamar regroupera deux sites industriels à Saint-Chamond

Loire le 07 avril 2014 - Denis Meynard - Agglomération stéphanoise - article lu 1221 fois

Linamar regroupera deux sites industriels à Saint-Chamond
Le groupe canadien remettra en activité le Bâtiment 51, l'ex-site d'assemblage des VAB de Giat Industries (© George Rivoire)

Le Canadien Linamar est décidé à quitter ses implantations industrielles de Saint-Etienne et de Saint-Romain-en-Gier pour un regroupement à Saint-Chamond.

Le siège de Linamar France, qui possède également une unité de production à Montfaucon, dans l’Yssingelais, quittera le Rhône pour la Loire. Le second équipement automobile canadien vise un transfert, d’ici juillet 2015, dans un bâtiment de près de 17 000 m2, autrefois utilisé pour l’assemblage des VAB (Véhicules de l’avant blindé) de Giat Industries (devenu Nexter), sur le site Novaciéries. Cette décision, annoncée la semaine dernière, a été prise après plusieurs années de négociations avec Saint-Etienne Métropole, dont le président Maurice Vincent, s’était rendu au siège du groupe à Guelph, dans l’Ontario.
La signature de la vente du terrain et du bâtiment, pour laquelle la collectivité indique « consentir un gros effort financier », n’est pas encore intervenue. Elle ne deviendra effective qu’une fois les opérations de dépollution réalisées. L’entreprise a débuté ce 2 avril un processus de consultation avec les représentants du personnel qui devrait durer jusqu’à la fin juin. Le projet de réorganisation de l’activité aura des conséquences en termes de déplacement domicile-travail pour une partie des 232 salariés employés en CDI dans les deux usines. La direction de Linamar estime que « l’impact sur leur vie quotidienne sera mineur puisque le nouveau site est idéalement situé à seulement 13 km du site de Saint-Étienne et à 26 km du site de Saint Romain-en-Gier. Il sera facilement accessible, en train, en bus et par la route ».
Pour l’entreprise, l’opération doit se traduire par un investissement de 5 M€ dans l’achat du terrain, des bâtiments existants et leur rénovation. Aucun investissement n’est pour l’instant annoncé dans l’outil de production de cet usineur de pièces de fonderie pour les engins de travaux publics, le machinisme agricole, le poids lourd et plus accessoirement l’automobile. Dans son usine de Montfaucon, spécialisée dans les arbres de transmission, un investissement de 8,5 M€ a été réalisé en 2012. Sur les 65 créations d’emplois qui devaient l’accompagner, seule une douzaine d’embauches a été réalisée, souligne un représentant du personnel. Un autre ajoute que pour différentes raisons, certains salariés de la Loire et du Rhône pourraient ne pas suivre le déménagement. D’où la possibilité de quelques recrutements, notamment si l’entreprise parvient à décrocher des marchés avec les constructeurs automobiles français, ce qu’elle a du mal à réaliser pour l’instant.

Réduire les coûts fixes

Linamar France, dont les trois sites réalisent un chiffre d’affaires total d’une cinquantaine de millions d’euros, aurait perdu une vingtaine de millions sur les deux derniers exercices. D’où sa volonté de réduire les coûts fixes. Elle vise « une économie de 1,6 M€ par an et un retour à l’équilibre en 2016. Outre le fait d’avoir des installations rassurantes pour les clients, car correspondant davantage aux standards de l’industrie, être propriétaire permettra d’investir pour s’adapter à leurs nouveaux besoins, ce qui nous rendra plus attractifs vis-à-vis des prospects du secteur automobile », ajoutent ses dirigeants.
Linamar, qui souligne son « attachement au territoire ligérien et à ses savoir-faire dans l’industrie mécanique », possède d’importantes implantations en Europe centrale, notamment en Hongrie, pays d’où est originaire son fondateur Frank Hasenfratz, qui l’avait quittée au moment de l’invasion du Pacte de Varsovie. Le groupe de 16 000 salariés a fait l’objet d’une enquête de la Commission européenne, fin 2010, sur le niveau élevé des aides (près de 27 M€ avec les avantages fiscaux) reçues lors de la construction d'une nouvelle usine de composants de motorisation et de transmission à Crimmitschau (Land de Saxe), en ex-RDA. Pour vérifier elle ne créait pas de distorsion de concurrence.

Denis Meynard


La plus grosse entreprise de Saint-Romain-en-Gier

Jean Micard, qui exerçait les fonctions de maire de Saint-Romain-en-Gier durant le mandat qui s’achève, estime que « Linamar apporte à elle seule un quart des ressources financières de notre commune de 520 habitants de la vallée du Gier », où elle compte 130 salariés. Son implantation y remonte à 2007, lorsque la famille Termoz (alors propriétaire de l’entreprise qui s’appelait Famer) avait repris près de 10 000 m2 d’anciens locaux de BSN Matériaux et BSN Labo. Après la crue du Gier de 2008, une partie du site a été classé en zone inondable, ce qui rendra plus difficile sa reconversion dans l’avenir.



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