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Opéra-Théâtre de Saint-Etienne : 4 cadres dirigeants poussés vers la sortie

Loire le 29 décembre 2014 - Denis MEYNARD - Collectivités locales - article lu 1661 fois

Opéra-Théâtre de Saint-Etienne : 4 cadres dirigeants poussés vers la sortie
X. Alix - La tempête autour de l'Opéra-théâtre n'est pas terminée

Huit mois après la suspension d'une série de cadres en charge de la culture, la municipalité tente de se séparer de quatre d'entre eux.

La Ville de Saint-Etienne pousse dehors quatre des principaux dirigeants de l’Opéra Théâtre municipal, dans le cadre des « graves dysfonctionnements financiers et en matière de sécurité » au sein de la principale institution culturelle de la ville évoqués depuis avril dernier.
Trois ont ainsi reçu un courrier de licenciement pour faute ces dernières semaines, dans le prolongement d’un entretien préalable, en octobre : la directrice de production Sophie Platret, le directeur musical et chef d’orchestre Laurent Campellone, et le directeur général de l’Opéra Théâtre, Vincent Bergeot. La municipalité conduite par Gaël Perdriau (UMP), a programmé un quatrième licenciement, celui du secrétaire général de l’Opéra Théâtre, David Camus, « dont le poste a été supprimé » en octobre (voir ci-dessous). Elle indique que cette série de limogeages résulte d’audits et d’une enquête administrative.
Mi-mai, quatre des neuf responsables culturels municipaux suspendus fin avril, avaient été réintégrés. Parmi les cinq autres cadres dont la suspension a été maintenue, le directeur général adjoint de la ville de Saint-Etienne en charge de la culture, François Corbier, a démissionné cet l’été pour devenir directeur général des services de Dunkerque (Nord). La direction par intérim de l’institution culturelle est actuellement assurée par Eric Blanc de la Naulte, licencié pour faute, en 2009, par la précédente municipalité. Il fait partie de ceux qui ont répondu à l’appel à candidature, ouvert jusqu’au 5 janvier, pour recruter, en CDI, un directeur disposant d’une « expérience d’au moins dix ans dans la fonction  d’administrateur ou de directeur administratif et financier d’un opéra ».

Vincent : « chasse aux sorcières »

Le sénateur socialiste Maurice Vincent évoque « une chasse aux sorcières à la fois ahurissante et scandaleuse » organisée par son successeur « contre des fonctionnaires impartiaux et compétents (…) comme si l’intelligence faisait désormais peur aux élus ! ».
Florent Pigeon, qui préside le groupe municipal d’opposition de gauche, dénonce une « méthode qui génère tensions et conflits (…) fondée sur aucune réalité objective (qui), au-delà des dégâts humains d’ores et déjà occasionnés, risque de coûter cher à la collectivité quand ces personnels devront être dédommagés ou réintégrés sans affectation opérationnelle. Quant à l’image de notre ville dans les milieux culturels, le mal est déjà fait. »

Denis Meynard

Début d'une série de contentieux

Le juge des référés du Tribunal administratif de Lyon a ordonné, le 18 décembre, la réintégration du secrétaire général de l’Opéra Théâtre de Saint-Etienne, exclu de ses fonctions sans salaire pendant trois mois. Il suspend l’exécution de la sanction prononcée contre David Camus jusqu’à ce qu’il soit statué, au fond, sur son recours en annulation de cette décision. Le tribunal enjoint le maire de Saint-Etienne de le réintégrer « dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance ». La municipalité dit être : « en discussion avec David Camus pour exécuter l’ordonnance de référé, mais il ne pourra pas réintégrer son poste car il a été supprimé ».
Ce fonctionnaire est sous le coup d’un arrêté du maire l’excluant, sans traitement, du 21 novembre 2014 au 20 février 2015. Une sanction de Gaël Perdriau à l’encontre de celui à qui il reproche d’avoir fait travailler une de ses nièces, en lui passant une commande de croquis pour le jeune public, d’un montant de 1 600 euros. L’intéressé conteste le conflit d’intérêt invoqué, soulignant qu’il y a eu une mise en concurrence de plusieurs prestataires. Il a saisi le juge des référés en faisant valoir que la suspension de son traitement « ne lui permet plus de faire face aux besoins de sa famille composée de quatre enfants et d’une femme au foyer ». Dans son mémoire en défense, la ville de Saint-Etienne précisait que le poste de David Camus « ayant été supprimé dans le cadre d’une réorganisation des services (…) l’intéressé fera l’objet d’un licenciement pour suppression de poste à l’expiration de la sanction disciplinaire ». Parmi les autres cadres visés par des mesures disciplinaires, Sophie Platret, la directrice de production a, elle-aussi, saisi le juge des référés, pour qu’il annule en urgence son licenciement : audience le 5 janvier.



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