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Les vins de Seyssuel à la conquête de Lyon

Isère le 26 juin 2014 - Eric Séveyrat - Actualités - article lu 1485 fois

Les vins de Seyssuel à la conquête de Lyon
Les vignerons de Seyssuel unis en vue de l'appellation d'origine contrôlée (D.R.)

A l’Embarcadère de Lyon quai Rambaud, les 13 domaines étaient représentées.

Ce vignoble de 35 hectares seulement, vise le haut de gamme, avec des vins de qualité, profonds, et pleins de caractère, des vignes (cépage Syrah) en exposition sud-ouest et des terrains de micaschiste, de nature assez proches de ceux de leurs grands frères de la rive droite du fleuve, les cotes-roties et condrieu. Du reste, les vignerons de la rive droite ne s’y sont pas trompés. Ce sont eux (à une exception près, Les Serrines d’Or installés sur place) qui ont traversé le Rhône au milieu des années quatre-vingt-dix pour faire revivre les vins de Seyssuel. Le premier millésime de ce vin « renaissant » date de 1998. Bien sûr l’époque gallo-romaine vit le commencement de la culture de la vigne sur les coteaux rhodaniens, et les viticulteurs ont repris judicieusement des noms latins en écho à des vins très réputés jadis au temps de l’Empire (taburnum, heliucum, sotanum, saxeoleum etc.). Mais plus proche de nous, c’est au milieu du XIXè siècle que le vin est la première source de revenus de la commune même de Seyssuel, avant la crise du phylloxera. L’essentiel du vignoble est situé sur le territoire de cette commune, même si quelques  parcelles se trouvent sur les communes limitrophes de Vienne et de Chasse-sur-Rhône. Si le domaine dénommé Les Vins de Vienne a ouvert la marche, leurs collègues vignerons ont emboité le pas sans hésiter, et c’est bien la dénomination Vignerons de Seyssuel, qui, pour l’heure est retenue dans un dossier d’obtention d’AOC : « A l’heure où beaucoup de vignobles se dirigent vers le Vin de pays, il nous semble intéressant de briguer une AOC, explique le président de l’association des vignerons de Seyssuel, Stéphane Ogier, paradoxalement une reconnaissance par nos pairs et par l’Etat (INAO) sur le territoire national nous aidera à l’exportation de nos vins. Nous croyons à ce vignoble qui comportait 150 ha avant le phylloxera (Ndlr : 35 ha aujourd’hui, 800 hectolitres produits). Toutefois il n’est pas très extensible, et comporte une limite géologique bien définie sur le coteau […] » La typicité et la qualité, la difficulté de vendange manuelle sur des pentes ardues, font des vins de Seyssuel des valeurs sûres désormais sur les tables en pays viennois et sur quelques grandes tables et boutiques lyonnaises. Avec toutes ces qualités, les vins de Seyssuel sont charpentés pour séduire plus largement encore les amateurs.
S’il ne faut pas vendre la peau de l’ours …l’obtention de l’AOC semble en bonne voie. Un salarié doctorant du LER de Lyon (laboratoire d’étude rurale), Florian Marcelin, est à demeure, auprès des vignerons, et de l’office de tourisme du Pays viennois, pour accompagner et promouvoir le vignoble : « Il y a une grande cohérence des vignerons entre eux, explique le jeune homme, et c’est autre atout important pour l’AOC. L’appellation est importante pour une meilleure protection des terrains potentiellement plantés de vignes face à l’urbanisation et dans le dossier de la gagée des rochers, une plante elle aussi… protégée. »
Si l’INAO (Institut national de l'origine et de la qualité, sous tutelle du ministère de l’Agriculture) sera l’organisme décisionnaire final, le soutien du puissant syndicat des vins des Cotes-du-Rhône (ODG, organisation de défense et de gestion) est un atout  non négligeable, et ce précieux sésame de reconnaissance du métier semble acquis aux vins de Seyssuel.

Eric Séveyrat


Prix public à partir de 20€.



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