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Les transporteurs en lutte contre le péage de transit

Loire le 08 août 2014 - Daniel Brignon - Actualités - article lu 904 fois

Les transporteurs en lutte contre le péage de transit
L'A 47 voie de liaisons de proximité taxée comme un axe de transit (© Angel Sanhueza)

« Les transporteurs étaient prêts pour l’écotaxe dans la Loire.

Il n’en va pas de même pour le péage de transit poids lourds qui lui succède », indique Sylvie Plotton, secrétaire générale de la FNTR 42 (Fédération nationale des transporteurs routiers). En cause : « une vraie inégalité de traitement entre les territoires » dans la nouvelle géographie de la taxe.
Les transporteurs contestent également l’abaissement de la majoration forfaitaire obligatoire à laquelle sont soumis tous les transporteurs, passée de 5,2 % à 2,2 % au national et de 3,4 % à 0,7 % au régional pour la région Rhône-Alpes. « Cette surfacturation forfaitaire de 0,7 % ne couvrira pas le surcoût engendré par la taxe en ce qui concerne la Loire. Les transporteurs devront renégocier les prix bien au-delà avec leurs clients », observe Sylvie Plotton.
En Rhône-Alpes, 125 km de routes devraient être soumis au péage transit poids lourds. Dans la Loire sortent du nouveau dispositif la portion de l’A 72 sans péage de Saint-Etienne à Veauchette, la RD 1082 et ne demeurent que l’A 7 au nord de Roanne et l’A 47, de Saint-Etienne à Givors. C’est la taxation de cette dernière portion de route, l’A 47, qui fait l’objet des plus vives critiques des transporteurs. Les itinéraires taxés doivent être selon les critères retenus doublés par une autoroute à péage. Ce n’est pas le cas de l’A 47, fait observer Sylvie Plotton, c’est le seul itinéraire de desserte locale pour la région de Saint-Etienne, un passage obligé pour les poids lourds. La FNTR a fait le calcul. Un transporteur qui effectue quatre voyages quotidiens sur l’A 47, ce qui n’est pas rare, pour l’approvisionnement des industriels, les livraisons d’hydrocarbures ou de matériaux, sera taxé de 52 € la journée, soit 11 400 € à l’année. Ce surcoût sera répercuté au donneur d’ordres et « c’est toute l’économie ligérienne qui est pénalisée », en conclut Sylvie Plotton.
La FNTR 42 est partie en campagne pour tenter de sortir l’A 47 du dispositif, d’abord auprès des parlementaires, tous sensibilisés à la problématique. Cette action a porté ses fruits puisque deux députés ont déjà pris leur plume pour interpeller les ministres. Dans un courrier au Premier ministre, Jean-Louis Gagnaire admet que la nouvelle carte de taxation réduite « crée indiscutablement une réelle rupture de l’égalité entre les territoires mais aussi une inégalité de répartition de la nouvelle charge fiscale entre les entreprises. Elle touche d’abord le transport routier français et le transport de proximité. » Prenant l’exemple de l’A 47, il poursuit : « il est pour le moins curieux que le tronçon de l’autoroute A 47 entre Givors et Saint-Etienne ait été retenu. En effet, cet axe est le seul moyen de relier Saint-Etienne à Lyon. En l’attente de la construction de l’A 45, l’A 47 ne saurait constituer un axe de substitution. L’essentiel des flux de transport correspond à des dessertes quotidiennes au départ et à destination de la Loire. » Aussi, Jean-Louis Gagnaire demande-t-il au Premier ministre « d’écarter le tronçon de l’A 47 reliant Saint-Etienne à Givors d’une taxation aussi forte. »
Pour sa part François Rochebloine s’adresse au ministre des Transports se disant au sujet de l’A 47, « surpris de constater que c’est l’axe vital de toute une région qui se trouve ciblé, et cela au mépris de toute considération d’aménagement du territoire et économique. »
Le député achève son courrier en avertissant le ministre du fait que « les chefs d’entreprises, ainsi que l’ensemble du monde économique de notre région, ne se laisseront pas faire. »
C’est bien le sentiment qui prévaut à la FNTR 42 où l’on sent poindre le mécontentement. « Les professionnels décideront de la suite à donner à la rentrée de septembre. Mais je ne réponds de rien », indique, allusive, Sylvie Plotton.
Daniel Brignon


Dans moins de 5 mois

Le péage transit poids lourds est prévu pour être mise en place au 1er janvier 2015, avec une période de rodage de trois mois à blanc à partir du 1er octobre. Sur 4 000 km de routes en France les poids lourds de plus de 3,5 t seront soumis à cette taxe de 0,13 centimes en moyenne au kilomètre. Le nouveau dispositif devrait rapporter 500 M€ par an. La société Ecomouv’ en contrat avec l’Etat pour la gestion du système de collecte initialement prévu de l’écotaxe (qui devait démarrer le 1er janvier 2014), a investi 650 M€ pour l’équipement de 15 000 km de routes taxées dans la première version. Le contrat initial est pour l’heure en cours de négociation sous l’angle de la rémunération d’Ecomouv’ qui devait être à l’origine avec l’écotaxe de 210 M€ annuels…



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