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Les soupçons de fascisme ne condamnent pas l'œuvre de Le Corbusier

Loire le 25 mai 2015 - Daniel Brignon - Société - article lu 144 fois

Les soupçons de fascisme ne condamnent pas l'œuvre de Le Corbusier
Daniel Brignon - L'homme passe, l'oeuvre demeure

La France a présenté fin janvier la candidature du patrimoine Le Corbusier, en l'occurrence 17 œuvres de l'architecte dans 7 pays, à l'inscription au patrimoine mondial de l'humanité devant l'Unesco qui doit se prononcer en juin 2016. Point d'étape de cette candidature au moment où enfle une polémique sur le passé « fasciste » de l'architecte, avec Marc Petit, maire de Firminy et président de l'Association des sites Le Corbusier.

Soupçonné de familiarité avec des cercles fascistes et le régime de Vichy, Le Corbusier connaît aujourd’hui un jugement posthume. Cela tempère-t-il votre ardeur à défendre l’architecte ?

Il faut relativiser ces accusations de fascisme. À l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Le Corbusier beaucoup d’ouvrages sont publiés et, sur la multitude, deux seulement font état de ce passé. Les architectes de France comme les Français en général n’étaient pas des résistants et acceptaient le régime de Vichy, même des personnalités de gauche, je pense à François Mitterrand qui a une histoire trouble avec Vichy. Il a reçu la distinction de la Francisque, ce n’est pas le cas de Le Corbusier. À partir de 1943 l’architecte se sépare complètement du régime de Vichy et le régime Nazi le considérait comme le cheval de Troie du bolchévisme après qu’il a construit dans les années 1930 l’Union des coopératives de consommateurs soviétiques à Moscou.

La polémique a-t-elle une répercussion internationale ?

C’est un débat franco-français. J’étais le 29 avril dernier au Luxembourg à la soutenance orale de la candidature de notre association à la reconnaissance comme « Itinéraire culturel européen » du patrimoine Le Corbusier auprès du conseil de l’Europe, un autre dossier que nous avons en cours. Sur les 20 pays représentés il n’y a pas eu une seule question sur le passé de Le Corbusier.

Cette polémique n’aura donc pas d’incidence sur le jugement de l’Unesco ?

Pour une raison simple, l’Unesco ne classe pas des personnes mais classe des œuvres. La critique qui nous avait été faite à Séville pour notre première candidature était précisément qu’elle était trop orientée autour de la personnalité de l’architecte et pas sur les œuvres. Notre dossier sera jugé sur le caractère exceptionnel et la portée universelle de chacune des œuvres présentées.

Comment se présente cette candidature ?

Nous avons tenu le 16 avril à Paris la première conférence permanente internationale où étaient présents les 7 pays associés à cette candidature, par leurs ambassadeurs ou leurs représentants, ainsi que la Fondation Le Corbusier et moi-même. Il y a une belle coordination entre tous ces acteurs qui se sont penchés sur l’élaboration et la traduction dans toutes les langues du document de synthèse de notre candidature qui sera adressé aux 21 membres du Comité du patrimoine mondial mais également à l’ensemble des pays membres de l’Unesco.

Du côté de l‘Unesco, des nouvelles ?

Le dossier avance aussi. Les experts d’Icomos (le Conseil international des monuments et des sites, Ndlr) seront désignés en juillet pour expertiser les 17 sites dans le courant de septembre-octobre. Le rapport d’expertise devrait être présenté par Icomos en décembre.

Propos recueillis par Daniel Brignon



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