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Les nouveaux rythmes scolaires par ceux qui les vivent

Isère le 15 mars 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 1141 fois

Les nouveaux rythmes scolaires par ceux qui les vivent
A l'heure où les cours de récréation se vident, les parents doivent adapter leurs emplois du temps professionnels (D.R.)

Tandis que la très grande majorité des communes du département travaille d’arrache-pied à la mise en place d’un système adapté pour la rentrée prochaine, les 47 municipalités qui ont choisi d’instaurer la réforme dès 2013 offrent aujourd’hui des enseignements précieux à celles qui doivent l’appliquer dans sept mois. L’Udaf 38 a réalisé une enquête, menée de novembre 2013 à janvier 2014, afin de mieux connaître le ressenti des familles et les difficultés rencontrées depuis cet important changement.

Tandis que la très grande majorité des communes du département travaille d’arrache-pied à la mise en place d’un système adapté pour la rentrée prochaine, les 47 municipalités qui ont choisi d’instaurer la réforme dès 2013 offrent aujourd’hui des enseignements précieux à celles qui doivent l’appliquer dans sept mois.
L’Udaf 38 a réalisé une enquête, menée de novembre 2013 à janvier 2014, afin de mieux connaître le ressenti des familles et les difficultés rencontrées depuis cet important changement. Elle a recueilli les témoignages de 550 familles iséroises et révèle que, après trois mois, « deux familles sur trois expriment un avis plutôt négatif ». Cependant, l’Udaf indique que cette insatisfaction est avant tout le résultat des difficultés de mise en place. En effet, les familles se disent plutôt favorables au changement pour « un meilleur rythme d’apprentissage et de repos ». Du point de vue des enseignants, le SNUipp, principal syndicat d’enseignants du premier degré, affirme que pour près de 80 % des instituteurs, la réforme n’a pas apporté d’amélioration aux conditions d’apprentissage. « Une mise en place réussie est d’abord une mise en place concertée », résume Dominique Nantas, administrateur de l’Udaf.
L’enquête révèle également que les nouveaux rythmes ont pour conséquence une ambiance familiale dégradée, souvent liée aux importantes modifications nécessaires dans le quotidien. Trois familles sur quatre ont dû changer leur organisation. Plus de la moitié ont joué sur les horaires de travail. L’employeur aura donc un rôle fondamental dans la réussite de la rentrée 2014 (voir ci-contre).
A noter que, selon l’Udaf 38, « 29% des temps d’activités pédagogiques (TAP) sont payants ». Des frais qui s’ajoutent à d’autres frais indirects comme la garde supplémentaire des enfants ainsi qu’une possible augmentation des impôts locaux. En effet, le financement des TAP ne pourra se réaliser que par des efforts municipaux, à moins de sacrifier la qualité des activités proposées. Faire payer les utilisateurs ou l’ensemble de la collectivité : les conseils municipaux fraîchement élus devront trancher.

Pierre Silvain


La réforme au service d’une modernisation de l’entreprise

Les entreprises seront impactées ! Bien qu’elles ne soient pas en première ligne elles devront prendre en compte la réforme des rythmes scolaires.

La réforme a bouleversé l’emploi du temps des familles et par effet boule de neige bouleversera celui des employeurs. « Cette réforme est une goutte d’eau. Peut-être La goutte d’eau qui fera déborder le vase de l’organisation dans l’entreprise. Il faut espérer que cela  accélérera le changement. Le manager doit toujours garder en tête qu’un salarié travaillera mieux quand il est en paix par rapport aux soucis du quotidien. Il est donc fondamental que chacun travaille là où il se sent le mieux et au meilleur des moments », confie Loïck Roche, directeur de Grenoble Ecole de Management, à la question d’une possible réorganisation du travail mieux adaptée aux nouveaux temps scolaires.

Une sortie de classe avant 16h, pour la plupart des établissements, et une demi-journée d’école en plus remettent en question l’équilibre bâti entre famille et travail. Il n’est désormais plus nécessaire de libérer le mercredi matin pour garder les enfants. En revanche beaucoup de salariés seront amenés à réclamer leur fin d’après-midi. « L’entreprise à la responsabilité de faire en sorte que les salariés puissent aménager leur temps de travail. Pour cela elle doit imaginer et inventer une nouvelle forme d’organisation. L’heure d’abandonner la pointeuse au profit d’objectifs plus qualitatifs est peut-être arrivée » poursuit Loïck Roche. Néanmoins – et  à l’image d’une réforme réussie - les acteurs du monde du travail devront se concerter et réussir à échanger. Tandis que 75% des familles, déjà touchées par la réforme, ont dû changer leur organisation et que la moitié a joué sur leurs horaires de travail ; le sujet est loin de susciter le débat. En effet, le Medef ne dispose d’aucun chiffre sur la mise en place de la réforme. Du côté des entreprises, les plus gros employeurs grenoblois n’ont mis en place aucune démarche face à la réforme et ses conséquences sur les salariés, alors que Grenoble applique la réforme depuis 2013.

PS



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