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Les Grands bois ont-ils besoin de sanctuaires ?

Loire le 22 mai 2015 - Xavier Alix - Sciences, Santé, Environnement - article lu 273 fois

Les Grands bois ont-ils besoin de sanctuaires ?
Ville de Saint-Etienne - L'approvisionnement en eau de Saint-Etienne, 1er objectif public des Grands bois

La Frapna (1) estime qu'une partie des 706 ha de forêt acquis et même créés dans le Pilat par la Ville de Saint-Etienne afin d'assurer son approvisionnement en eau doit être laissée à la nature.

« C’est humain : la nature non maîtrisée angoisse. C’est oublier l’enjeu : si on ne fait rien pour relever la biodiversité, l’Homme y passera avec. » Pour le responsable biodiversité de la Frapna Loire, André Ulmer, quel que soit leurs partis, les élus stéphanois qui se succèdent manquent l’opportunité de se montrer novateurs et judicieux sur notre avenir à propos de la forêt communale des Grands bois.

Plantés, pour l’essentiel, par la Ville de Saint-Etienne, sur des parcelles agricoles acquises pour les premières il y a 150 ans, ces désormais 706 ha dans le Pilat ont d’abord pour objectif de sécuriser l’approvisionnement d’eau potable en qualité et quantité. Dominée au 2/3 par les sapins blancs (il y a aussi des épicéas et des hêtres), elle est en grande partie soumise à une exploitation sylvicole provoquant selon la Frapna une grande pauvreté biologique. Cependant, une étude a identifié en 2010 11 parcelles de « sénescence », c’est-à-dire au vieillissement moins perturbé et donc plus riche en vie. « La première richesse ici, ce sont les invertébrés. Dont certains très rares voire découverts ici, comme le papillon eupithécie des tourbières en 1982, précise A. Ulmer. Bien sûr l’idéal absolu serait de placer une partie en réserve biologique intégrale (RBI). Mais ce que nous souhaitons, au moins, c’est une gestion davantage tournée vers la biodiversité, laissant la nature faire sur des parcelles. »

Adjoint municipal entre autres au développement durable, Jean-Pierre Berger, estime la Frapna peu raisonnable : « des représentants sont venus nous rencontrer à ce sujet il y a un an, en exigeant une RBI sur 100 ha. Nous voulons bien discuter mais la demande va trop loin : ça tourne à l’obsessionnel. Et puis, cette forêt est aux Stéphanois, on ne peut pas leur interdire l’accès ». Ni celui aux zones de captage et 30 km de drains pour l’eau, réclamant un déboisement de 3 à 6 m autour des conduites. Réseau au cheminement trop complexe pour envisager une centaine d’hectares sans interventions selon Alain Thibaudet, technicien à l’ONF, gestionnaire pour la Ville.

« Après négociations avec les associations, le plan 2010-2029 a placé la biodiversité en 2e objectif avec la création de 25 ha sans interventions, le passage à une proportion de 6 à 20 % de feuillus d’ici 2029. Sur la biodiversité, les objectifs sont dépassés, assure A. Thibaudet, Et la forêt gérée (ici, le bois rapporte entre 200 et 250 000 € annuellement à la Ville couvrant ainsi les frais de gestion, Ndlr) n’est pas si stérile. Il y a 150 ans, il s’agissait de parcelles agricoles, pas d’une forêt luttant contre l’effet de serre... Enfin, la commission nationale de protection de la nature qui valide tout demande de RBI a signalé en 2008 qu’elle ne le validerait pas sur les Grands bois.»

La Ville et l’ONF invitent la Frapna à répondre favorablement à leur proposition de créer une RBI plutôt sur la zone de Condamines où existe une réserve naturelle régionale que l’association gère.

Xavier Alix

1 Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature



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