Fermer la publicité

Les éleveurs laitiers inquiets pour leur avenir

Loire le 16 juillet 2015 - Emilie Massard - Agroalimentaire - article lu 140 fois

Les éleveurs laitiers inquiets pour leur avenir
Emilie Massard - Les agriculteurs sont venus poser des questions à la première coopérative laitière de France

Une vingtaine d'agriculteurs de la Confédération paysanne étaient réunis, vendredi 10 juillet, devant la coopérative laitière Sodiaal à la Talaudière pour exprimer leurs difficultés face à la baisse du prix du lait.

Ils s’étaient donnés rendez-vous devant le site de Sodiaal à La Talaudière, première coopérative laitière en France mais également dans la Loire. Les agriculteurs de la Confédération paysanne de la Loire et du Rhône ont voulu faire entendre leur voix pour dénoncer la baisse du prix du lait, notamment depuis la suppression de quotas en mars 2015, qui suscite de très grandes inquiétudes dans leurs rangs.

« L’année 2014 a été rémunératrice, se souvient Guillaume Padet, paysan à Civens. Mais depuis le premier trimestre 2015, on est dans une spirale infernale. On a perdu près de 50 € par 1 000 l par rapport au premier trimestre de l’année précédente. Cela correspond à une perte sèche de 7 000 à 8 000 € pour un exploitant, et si rien ne bouge, on arrivera jusqu’à 15 000 € de pertes. Il n’y en a pas beaucoup qui tiendront, nombreux sont ceux qui craignent de perdre leur exploitation. »

Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne, regrette le manque de dialogue. « On n’a pas pu parler de la crise à l’occasion du dernier conseil d’administration de l’interprofession laitière, au cours duquel certains industriels ont quitté la table. La seule réponse qui nous est apportée est : "ça ira mieux dans deux ans". En attendant la politique des industriels, et de Sodiaal notamment, c'est d’inciter à demander plus de volume. Or pour nous, l’urgence est que les pays européens réduisent la production de lait. On sait bien qu’au-delà de 250 000 l de lait par unité de main d’œuvre, il n’y a pas plus de gain pour l’exploitant. »

« Pour eux, la solution c'est l'export » 

Les membres de la Confédération Paysanne ont fait part de leurs revendications, parmi lesquelles le relèvement du prix d’intervention, la gestion des volumes et la maîtrise de la production. A l’occasion de leur mobilisation, les agriculteurs ont été reçus par les représentants de Sodiaal, mais n’en sont pas ressortis moins inquiets. « Aucune réponse ne nous a été donnée, estime Babeth Roy, animatrice de la Confédération paysanne de la Loire. Ils balayent la maîtrise des volumes sous prétexte qu’il faut faire tourner les machines. Pour eux, la solution est dans l’export, le prix d’intervention et le marché intérieur, et donc les distributeurs. »

Attendant d’autres réponses, les agriculteurs ont annoncé le début d’une séquence d’actions nationales avec une montée en puissance afin de trouver des solutions d’ici le mois d’octobre.

Emilie Massard

Crise agricole : le député de la Loire François Rochebloine réclame un débat d'urgence 

 



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide