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Les « Ecopla » occupent le terrain

Isère le 20 décembre 2016 - Caroline THERMOZ-LIAUDY - Industrie - article lu 15 fois

Les « Ecopla » occupent le terrain
Caroline Thermoz-Liaudy - Les anciens salariés, réunis au sein de la SCOP reprendront leur usine dès le 14 janvier

Ils ont essuyé des revers mais n'ont toujours pas baissé les bras. Ils étaient une poignée d'anciens salariés, et ils mobilisent aujourd'hui plusieurs centaines de personnes, comme le soir de leur assemblée générale où ils ont rempli la bourse du travail. Finalement le mouvement se poursuit, avec une occupation du lieu.

Après les échecs devant la justice des propositions de reprise d’activité par la Scop Ecopla, il ne reste plus qu’une option juridique : le pourvoi en cassation, une procédure longue et très coûteuse.

Lors de l’assemblée générale, Karine Salaün, ancienne salariée, rappelait les faits devant l’assemblée venue très nombreuse (près de 400 personnes). Puis elle évoque la situation actuelle. « Jusqu’à présent nous nous sommes comportés de façon exemplaire, avec pour seul résultat, de n’avoir jamais été jugés sur le fond de notre dossier, mais uniquement sur la forme.

Jamais notre projet n’a été mis sur la balance, alors qu’il est nettement meilleur et qu’il a beaucoup plus de valeur que les 1,5 M€ qui ont servi à rembourser les créanciers. Jusqu’au mois d’octobre, on était dans l’usine, dans notre deuxième maison, à faire du gardiennage et à arroser les plantes. Mais aujourd’hui il y a un cadenas, on est dehors. […]

Lors du congrès des SCOP, Michel Sapin nous a affirmé que ses deux priorités étaient Ecopla et Alstom. Résultat : des centaines de millions pour Alstom, rien pour nous ! Mais nous avons toujours un projet et nous sommes prêts à négocier et à redémarrer l’usine ».


Tous croient en la viabilité du projet. « Certains clients appellent encore alors qu’on a fermé le site ».
Au-delà du « simple » cas Ecopla, c’est pour une modification de la loi que plaident les anciens salariés et leurs soutiens, parmi lesquels des grands noms de la résistance industrielle, comme des anciens de LIP (Bernard Piaget), ou de Fralib.

« Aujourd’hui en cas de liquidation, le tribunal donne la priorité au paiement des créanciers. Il faut que la loi évolue pour que l’emploi soit favorisé ». Et pour cela, il faut que le combat se poursuive. Les Ecopla ont donc décidé lors de l’assemblée générale de reprendre leur site, et de « rouvrir » leur usine. Une action délicate programmée pour le 14 janvier 2017. La question est désormais de savoir s’ils auront le temps d’aller jusque là. Le 20 décembre en effet, l’italien Cuki (actuel propriétaire du site) commençait les manœuvres de déménagement et de démontage des machines. A l’heure où nous mettions sous presse, les outils de productions étaient toujours sur les lieux, mais pour combien de temps ?

Caroline Thermoz-Liaudy



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