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Les cigales s'installent en Isère

Isère le 21 juillet 2015 - Arnaud DE JUBECOURT - article lu 537 fois

Les cigales s'installent en Isère
Markorki - Cigale en Grésivaudan

Jusqu'à il y a peu, le chant des cigales, c'était le midi, voire le bord de méditerranée. Aujourdhui, il n'est plus besoin d'aller aussi loin pour les entendre striduler. En sortant de la gare de la Tour du Pin, les voyageurs sont étonnés : est ce bien une cigale qu'on entend ? Après un bref échange entre eux, ils finissent par admettre que oui, c'est bien une cigale isolée qu'on entend en descendant du train.

De fait, la campagne environnante accueille de plus en plus de ces bestioles sonores, et si l’on est encore loin du bruissement continu du grand sud, la cigale gagne du terrain, notamment en cet été 2015 exceptionnellement chaud et sec. On la trouve aussi dans la région de Grenoble, dans divers autres endroits de l'Isère ou de l'Ain. La cigale repartira t elle après la canicule ? Pas sûr.  On serait plutôt dans une tendance lourde. Selon l’INRA, le climat méditerranéen nécessaire à la survie des cigales progresse depuis des années en direction du nord : en 30 ans, la limite de ce climat sec et chaud aurait progressé de près de 100km, atteignant les portes de Valence.  Même Lyon a changé de catégorie : » il y fait plus chaud aujourd’hui qu’à Avignon ou Montpellier il y a 30 ans ». Les températures estivales ont augmenté de 2,4°  (beaucoup plus que les températures d’hiver), les quantités de pluies sont à la baisse, les sècheresses sont de plus en plus régulières. Les disparités d’une année sur l’autre ne facilitent pas la perception de ce changement, mais l’été 2015 met tout le monde d’accord : la sécheresse est bien là et malheureusement elle reflète la tendance générale.

Certains s’en réjouiront, mais les experts ne sont pas sans inquiétude : le mouvement semble appelé à durer et la tendance méditerranéenne pourrait conquérir des territoires bien plus au nord que notre région, jusqu’à la région d’Orléans d’ici la fin de ce siècle. Une évolution beaucoup trop rapide pour que l’ensemble des espèces s’adaptent (notamment végétales), et qui requière dès à présent une vigilance très forte de la part de l’espèce humaine. Un concert massif de cigales sera sans doute là dans quelques années pour nous le rappeler.

Arnaud de Jubécourt

 



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