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Les Barbares, un opéra oublié de Saint-Saëns

Loire le 07 février 2014 - Daniel Brignon - Spectacle, Théâtre - article lu 30 fois

Après le succès du Mage, un opéra oublié de Jules Massenet, remis en lumière par l'Opéra théâtre de Saint-Étienne l'année dernière, l'établissement poursuit la mission qu'il s'est donnée de redécouvrir des ouvrages lyriques du répertoire romantique français en reprenant, pour la première fois depuis sa création en 1901, l'opéra de Camile Saint-Saëns, Les Barbares.

De Camille Saint-Saëns on ne joue et on ne connaît aujourd’hui qu’un seul opéra, Samson et Dalila. Le compositeur en a écrit et produit pourtant au moins 14 parmi lesquels s’est penché Laurent Campellone, chef de l’Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire. « J’ai lu une dizaine de partitions de Saint-Saëns parmi lesquelles trois présentent un intérêt majeur. J’ai choisi Les Barbares, celle qui pour moi procure le plus d’émotion. Ecrit alors que Saint-Saëns a plus de 75 ans, le compositeur met dans cet opéra tout son savoir-faire, toute son envie aussi de renouveler l’opéra français. Créé en 1901, l’année de la mort de Verdi, marquant la fin d’un cycle, et quatre ans avant Salomé de Strauss, qui renouvelle le genre l’opéra de Saint-Saëns au bout de sa vie est déjà témoin de la modernité du XXe siècle. »

« Une œuvre qui va surprendre beaucoup », croit Laurent Campellone qui ne cache pas son enthousiasme à réveiller cette partition ignorée, « une tâche passionnante que je rapproche de l’émotion que peut ressentir un archéologue retrouvant une fresque à Pompei et lui redonnant patiemment ses couleurs. »
Les Barbares est aussi une œuvre politique, poursuit Laurent Campellone. 30 ans après l’annexion par l’Allemagne de l’Alsace et la Lorraine, « en 1901, une partie des politiques et intellectuels se rebellent contre cet état de fait et appellent à prendre la revanche. Les Barbares font écho à cette situation. L’action se situe justement pendant l’invasion de la Gaule par les Germains, un siècle avant J.-C., dans le théâtre antique d’Orange où est retranchée devant cette tribu sanglante et barbare une poche de résistants. »
L’opéra Les Barbares est construit dans la lignée du drame antique classique. « On y retrouve tous les symbolismes et les mécaniques de la tragédie grecque : le sacrifice, l’amour impossible, la vengeance. Dans sa construction il n’y a pas instant de répit, pas un moment vain. C’est très efficace », poursuit Laurent Campellone. Autant de raisons de ressortir de l’oubli un œuvre contribuant « à construire une vision plus précise et plus juste de ce que fut ce XIXe siècle. »

Daniel Brignon
 



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