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Les auto-écoles en ligne, « ubers » de la profession

Loire le 14 octobre 2015 - Marine Graille - Société - article lu 96 fois

Les auto-écoles en ligne, « ubers » de la profession
Georges Rivoire - « L'élève ne paye pas une nouvelle fois pour le repasser en cas d'échec »

Arrivées depuis peu sur le marché, les auto-écoles en ligne jettent un pavé dans la mare en proposant quasiment les mêmes services que les structures traditionnelles mais à des prix cassés. La première agence est arrivée sur Saint-Etienne il y a un mois.

La profession ne voit pas l’arrivée de PermiGo à Saint-Etienne d’un très bon œil. Concurrence déloyale, prix cassé pour une formation de mauvaise qualité, les accusations pleuvent… Baptiste Deschaumes, gérant de PermiGo à Saint-Etienne, se défend des nombreuses critiques qui entourent son activité et estime que les auto-écoles en ligne sont une façon pour la profession de se remettre en question.

Selon lui, les agences de conduite classiques peuvent pratiquer les tarifs qu’elles souhaitent quitte parfois à être beaucoup trop élevé. « Pour exemple, nous proposons pour 49,90 €, la formation au code en ligne ou dans notre agence, le suivi des résultats mais également le passage à l’examen. L’élève ne paye pas une nouvelle fois pour le repasser en cas d’échec ce qui n’est pas le cas pour les auto-écoles classiques qui refacturent à nouveau chaque passage (environ 80 € pour le code et 90 € pour le permis, Ndlr) », explique Baptiste Deschaumes.

Sur le principe du code en ligne, PermiGo n’est pas le seul à proposer ce service puisqu’aujourd’hui de nombreuses auto-écoles classiques invitent leurs élèves à s’entraîner sur la plateforme Prepacode. Là où PermiGo parvient à se distinguer c’est à nouveau sur les tarifs puisque dans le pack « code de la route » à 49,90 € l’accès à cette plateforme en ligne est illimitée alors que les concurrents limitent l’accès à 6 mois. PermiGo compte d’ailleurs, ne plus avoir recours à Prépacode et envisage de créer sa propre plateforme en ligne.

Rien de vraiment innovant

Concernant la formation pour la conduite, PermiGo n’a rien de vraiment innovant. Tout d’abord par le service puisque la startup propose à ses élèves de venir les récupérer à différents points de rendez-vous pour effectuer leur heure de conduite. Un service qu’offre également une grande partie des auto-écoles classiques. Ensuite au niveau du coût puisque une heure de conduite revient à 39,90 €, soit le prix moyen exercé dans la Loire. Là où PermiGo se démarque de ses concurrents c’est au niveau de ses packs comprenant les passages aux examens (code et permis), 20 heures de conduite gratuite, la formation en ligne du code, ainsi que des rendez-vous pédagogiques en cas de conduite accompagnée. Ces offres s’échelonnent entre 699 € et 849 € alors que dans les autres auto-écoles concurrentes les tarifs « package » ne sont pas en dessous de 1 000 €.

Si la petite startup lyonnaise réussi à proposer des prix si attractifs c’est, selon Baptiste Deschaumes, « parce que nous cassons nos marges et que toutes les formalités se font via Internet, il n’y a alors pas de frais de dossier à la charge de l’élève ».  Des arguments qui mettent néanmoins le doute chez les autos écoles traditionnelles. « Comment ces structures arrivent à vivre en pratiquant des tarifs si bas ? Elles ont comme nous des frais comme la location d’un local, les assurances des véhicules ou encore la rémunération de salariés », s’étonne une gérante d’une auto école du Forez. D'autres craignent que ces nouvelles agences bradent le permis de conduire. 

Marine Graille

 

Les auto-écoles dans la Loire

Depuis le début de l’année, les taux de réussite dans la Loire sont de 73,15 % pour les examens théoriques, et 55,68 % pour les examens pratiques de la catégorie B du permis de conduire.

Il existe en 2015, 180 établissements d’enseignement de la conduite sur la Loire.

La préfecture de la Loire, enregistre une légère augmentation du nombre d’auto-écoles agrées, de l’ordre de 4 à 5 établissements supplémentaires par en sur les deux dernières années. Selon les services de l’Etat, aucun secteur du département ne seraient « en manque » d’auto-écoles.  

 



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