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Les 20 ans de Triangle Génération Humanitaire

Rhône le 12 juin 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 1046 fois

Les 20 ans de Triangle Génération Humanitaire
Patrick Verbruggen (à gauche) et Christian Lombard, les deux fondateurs de l'ONG (© Angel Sanhueza)

L’aventure de Triangle Génération Humanitaire commence en 1994, au Rwanda, sous la houlette de Patrick Verbruggen et Christian Lombard.

Au lendemain du génocide qui a fait plus d’un million de morts, les deux fondateurs vont sur le terrain et participent activement au soutien des populations dans leur lutte pour survivre. Ils enchainent ensuite les actions de solidarité.
L’objectif est de faire face à des situations catastrophiques le plus rapidement possible et d’aider à la reconstruction de territoires et de pays en détresse. « Nous sommes des acteurs de terrain et créons une relation de confiance avec les populations », explique Patrick Verbruggen. Il n’oubliera jamais cette première mission. Tout comme Christian Lombard, marqué également par la guerre des Balkans, « un conflit terrible à quelques heures de voiture de chez nous ».
Mais au-delà des chocs émotionnels, les deux fondateurs et leur équipe ont aussi été confrontés à des prises d’otages, au Yémen et au Darfour, qui ont finalement connu un heureux dénouement. « Nous mesurons les risques, mais ne pouvons pas tout maîtriser. Il y a vingt ans, on ne tirait pas sur l’ambulance alors qu’aujourd’hui, non seulement c’est le cas mais nous sommes devenus des cibles, car nous sommes assimilés au gouvernement et à la politique du pays. » Quant aux maladies, accidents ou agressions, ils font partie des risques du métier. Symbole du danger, Triangle a bien choisi son nom.
Au fil des années, Triangle GH se développe et tisse sa toile dans les régions du monde touchées par des catastrophes naturelles ou des guerres. Aujourd’hui, elle intervient au Soudan, au Yémen, en Birmanie, au Laos, en Corée du Nord, en Algérie, en Jordanie, aux Philippines, en République du Congo, en République centrafricaine, au Kurdistan et au Timor-Leste. Elle est présente dans 13 pays et gère 50 programmes grâce à des partenariats publics durables avec les principaux bailleurs internationaux. Elle emploie 75 salariés de droit français, dont 20 sont basés à Lyon, et elle recrute chaque année 500 personnes dans leur pays d’origine.

« Un service public mondial »

Financée majoritairement par les institutions internationales, elle dispose d’un budget annuel de 11 M€. Elle ne fait pas appel aux dons des particuliers, souhaitant privilégier des partenariats riches de sens, solides et durables, en dehors de toute opération de communication. « La volonté de Triangle est de rester une structure à taille humaine avec une stratégie vivante, fidèle à une éthique et à des valeurs reconnues. Notre survie dépend de notre capacité à intégrer de nouvelles approches, notamment environnementales. »
Les programmes d’actions de Triangle sont en effet axés sur la réhabilitation et le développement dans les domaines de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, du génie civil, de la sécurité alimentaire et du développement rural, du socio-éducatif et du psychosocial. Ainsi, après le typhon survenu en 2013 aux Philippines, l’association participe à la relance des activités de pêche, tandis qu’en Birmanie, elle s’emploie à créer une école hôtelière. « Le but est d’améliorer les conditions de vie des populations et de les faire évoluer en les formant sur des notions de base, comme la gestion de l’eau, les stocks alimentaires, la protection de l’enfance, etc. Nous avons un peu le sentiment d’être un service public mondial », expliquent les responsables de l’association qui fête ses 20 ans sur le thème de l’art.
Delphine Chauvin, artiste et dessinatrice, a ainsi conçu une exposition de trente œuvres, réalisées par des artistes originaires des pays dans lesquels intervient Triangle GH, répondant à la question « Quels dangers menacent là où vous êtes ? ». Elles sont exposées à Lyon, les 8 et 14 juin, sur les places des Terreaux, du Marché et de la Croix-Rousse, et Quai Augagneur, puis seront vendues aux enchères lors de la soirée musicale et théâtrale du 19 juin au Transbordeur. En outre, un petit manifeste, rédigé par Bernard Bolze, présente l’entité Triangle GH, ses valeurs et ses perspectives d’avenir.

A. G.-P.



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