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Le vote électronique continue de faire débat

Loire le 02 mars 2015 - Marine GRAILLE - Société - article lu 762 fois

Le vote électronique continue de faire débat
Marine Graille - Saint-Chamond est la seule commune de la Loire, autorisée à utiliser les machines électroniques

Autorisées depuis 1969 dans les communes françaises de plus de 3 500 habitants, les machines électroniques à voter n'ont jamais réussi à faire l'unanimité. Aujourd'hui, seules 64 communes (dont Saint-Chamond) disposent de cet outil qui continue à compter bon nombre de détracteurs. Dont le député saint-chamonais F. Rochebloine qui en demande l'interdiction.

A chaque scrutin, les machines électroniques font parler d’elles. Après le sénateur de Seine-Saint-Denis, Ph. Dallier, c’est le député ligérien François Rochebloine qui a émis une proposition de loi visant à interdire purement et simplement ce dispositif, pourtant autorisé depuis 1969 pour les communes de plus de 3 500 habitants. En 46 ans ces machines, très controversées, n’ont pas réussi à s’imposer dans les bureaux de vote. Pour preuve, aujourd’hui seules 64 villes françaises possèdent des machines, dont une seule dans la Loire : Saint-Chamond, justement la ville du député F. Rochebloine.

En 2005, la commune a investi 160 000 € dans 25 machines (plus trois autres en stock) ESF1 Nedap France élections, un modèle agrée par l’Etat. Un choix que l’actuelle équipe municipale assume et se félicite. « A l’heure de la dématérialisation pour toute de l’activité administrative, les machines à voter vont en ce sens », argumente Isabelle Guiot, du service élections à Saint-Chamond. Parmi les avantages invoqués par la Ville : la simplicité d’utilisation, la fiabilité, un meilleur accès aux personnes à mobilité réduite et le gain de temps lors du dépouillement.

Des arguments qui ne convainquent pas le député ligérien, François Rochebloine qui vote dans l’un des bureaux saint-chamonais. « Je n’ai absolument pas confiance en ces machines, je ne crois qu’en la main de l’homme. D’ailleurs s’il n’y avait pas dysfonctionnements, pourquoi un moratoire a été voté en 2007 (limitant le nombre de communes autorisées à utiliser ces machines et qui a amené la suppression de la subvention de 400 € par appareil de la part de l’Etat, Ndlr) ? » Pour l’élu, qui vote lui-même à Saint-Chamond, « rien ne permettra jamais de garantir totalement que le sincérité du scrutin est préservée, sachant qu’en l’état actuel de la réglementation, il est impossible pour un électeur, un assesseur ou un candidat de détecter un dysfonctionnement, une anomalie ou une fraude ».

« De grosses calculatrices »

Pour autant, à Saint-Chamond « aucun contentieux n’a été porté à [ la ] connaissance » de la préfecture de la Loire, depuis l’arrivée des machines électroniques. Les services de l’Etat du département assurent que le dispositif est contrôlé de près : « la Ville de Saint-Chamond est destinataire, chaque année de scrutin, d’une circulaire du ministère de l’Intérieur qui renouvelle toutes les recommandations aux communes dotées d’une machine à voter. Des échanges ont été avec les bureaux des élections de cette commune à l’occasion des municipales de 2014, et il ressort que ceux-ci sont très attachés au respect des règles et ont conscience de la polémique que pourrait générer un contentieux. »

« Tout est tracé et sécurisé à chaque étape du scrutin, ajoute Catherine Chapard, adjointe saint-chamonaise à l’état civil. Par ailleurs, ces machines ne fonctionnent pas en réseau et ne peuvent donc pas être piratées. Il s’agit en définitive que de grosses calculatrices », tient à ajouter E. Guiot. Les « anti » et les « pro » vote électronique se soupçonnent mutuellement d’être sous pression de lobbying, des fabricants de machines pour les uns, des imprimeurs pour les autres. F. Rochebloine se veut déterminé et soutient qu’il se battra « jusqu’au bout » pour que sa proposition de loi aboutisse.

Marine Graille

Roanne a renoncé

Un temps, la Ville de Roanne commençait elle aussi à réfléchir sur la possibilité de sauter le pas du vote électronique. Rapidement, la municipalité a renoncé d’elle-même pour des raisons de coût (entre 5 000 et 6 000 € par machine + 65 à 150 € par bureau et par élection de frais de maintenance) d’autant plus qu’aucune aide de l’Etat n’est versée pour aider à cet investissement. Le passage à la machine à voter n’est pour l’instant « pas d’actualité » pour la Ville de Roanne.



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