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Saint-Priest-la-Prugne : le traitement de la mine d'uranium compromis

Loire le 21 août 2015 - Aline Vincent - Économie - article lu 880 fois

Saint-Priest-la-Prugne : le traitement de la mine d'uranium compromis
Aline Vincent - Le site a l'apprence trompeuse d'un beau lac de montagne

L'extraction d'uranium de la mine de Saint-Priest-la-Prugne, à moins de 40 km de Roanne, a duré de 1956 à 1980. La dernière solution de réhabilitation a été rejetée cet été par Areva.

Le géant du nucléaire Areva a de nouveau fait savoir que le dernier projet de réhabilitation de l'ancienne mine d'uranium des Bois noirs Limouzat était de nouveau abandonné. L'opérateur français, par la voix du responsable de sa filiale Après-Mines France, Christian Andres, avance cette fois des oppositions locales et la non-maîtrise foncière. Des arguments qui n'auraient convaincu personne, depuis les services de l'Etat (le secrétaire général de la sous-préfecture de Roanne suit le dossier, Ndlr), à la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement  et du logement (Dréal) ou le collectif des Bois noirs (1), la Fédération de la pêche, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna) et les élus locaux, dont Huguette Burelier, maire de Saint-Priest-la-Prugne.

Concernant le dernier argument notamment, l'ancienne préfète de la Loire, Fabienne Buccio, avait signifié à l'opérateur en 2014 que l'Etat s'engageait dans une procédure de Déclaration d'utilité publique pour résoudre le point des acquisitions foncières. Après cette dernière réponse négative, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a adressé un courrier à la direction d'Areva, lui demandant de revoir sa position. A noter que les premières propositions remontent à 1996. En réalité, la raison se trouverait plutôt dans les difficultés financières que rencontre Areva.

Néanmoins, son futur déshabillage au profit d'EDF et d'Ergie n'a pas empêché le groupe de signer le 15 juillet dernier deux importants contrats sur plusieurs années avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Par ailleurs, le département « Valorisation des sites » d'Areva confirme avoir pour obligation « d'assurer le suivi des opérations de démantèlement et de valorisation des anciens sites datant des années 1950 et 1960 (comme c'est le cas ici, Ndlr) arrivées en fin d'exploitation pour y accueillir de nouveaux projets ! ».

Aujourd'hui, la radioactivité des résidus du site est inquiétante et elle est malheureusement éternelle. Un bilan environnemental a été demandé à plusieurs reprises. Il aurait dû être réalisé dans les deux ans suivant la circulaire européenne de 2009, mais l'Etat avait alors accordé des délais supplémentaires en vue de créer une installation classée pour la protection de l'environnement.

Aline Vincent

1) Créé il y a plus de 35 ans pour que les sites contaminés fassent l'objet d'un traitement systématique.



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