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Le tiers payant généralisé sous étroite surveillance

Isère le 13 novembre 2015 - Sevim Sonmez - Sciences, Santé, Environnement - article lu 159 fois

Le tiers payant généralisé sous étroite surveillance
Sévim Sonmez - Les médecins généralistes libéraux demandent à être partie prenante lors de négociations concernant leur profession

Alors que le Sénat a adopté le projet de loi santé en supprimant le tiers payant généralisé début octobre, une journée santé morte a eu lieu vendredi 13 novembre. Face à un avenir incertain pour la profession, une délégation de « Médecins généralistes de France » a rencontré la direction de l'ARS Rhône-Alpes.

Le soulagement des professionnels de santé a été de courte durée puisque vendredi 13 novembre, ils ont de nouveau battu le pavé avant le retour du texte en deuxième lecture à l'Assemblée nationale, lundi 16 novembre. Des cabinets ont de nouveau fermé leur porte et les urgences ont du parfois être redirigées vers l'hôpital public. A présent, c'est l'Assemblée nationale, où la gauche est majoritaire, qui aura le dernier mot.

Après l'annulation du tiers payant généralisé, le mois dernier, les médecins généralistes de l’Isère réunis en assemblée générale, avaient décidé de suspendre leur mouvement de grève tout en poursuivant « leur mobilisation sous d’autres formes » comme la sensibilisation de leurs patients. Raison pour laquelle, la délégation régionale des médecins généralistes de France a obtenu une entrevue avec la directrice de l’Agence régionale de santé Rhône-Alpes, Véronique Wallon, afin de détailler les contraintes imposées par ce projet de loi.

« Nous sommes exaspérés car l’exercice de nos fonctions devient de plus en plus difficile. Les politiques ne connaissent pas la réalité de notre profession et en alourdissent la gestion. Ils nous transforment en super secrétaires, lance Badis Hadrouf, président du syndicat des médecins généralistes de l’Isère. Nos conditions de travail se détériorent et les tâches administratives grèvent le temps médical. » Et Florence Lapica, déléguée régionale va encore plus loin : « Le système proposé par Marisol Touraine est trop compliqué. Nous ne sommes pas contre la généralisation du tiers payant mais contre la formule proposée. » Les médecins voudraient avoir un seul interlocuteur, la Sécurité sociale qui, elle se chargerait de se faire rembourser par les 800 mutuelles privées existantes.

Les professionnels de santé veulent conserver leur liberté de prescription et ne pas être dépendants des remboursements accordés aux patients par les mutuelles. « Nous sommes prêts à expérimenter ce système en Rhône-Alpes », souligne Florence Lapica qui craint que ces contraintes administratives chronophages poussent les jeunes médecins vers le salariat plutôt que la pratique en libéral.

Un échange indispensable

« Ce fut un entretien constructif basé sur un esprit et une envie de travailler ensemble », résume Florence Lapica le lendemain de son entrevue avec Véronique Wallon, directrice de l’ARS Rhône-Alpes. Une réunion qui s’est déroulée, jeudi 5 novembre et durant laquelle la délégation régionale de Médecins généralistes de France a évoqué les difficultés que rencontrent les médecins libéraux au quotidien pour l’exercice de leur profession. Travail administratif chronophage, raisons du refus du tiers payant généralisé, difficultés pour se regrouper entre confrères, accès aux soins pour tous, sont autant de malaises dont souffre la profession. « Nous avons tenu à détailler l’organisation de la profession afin que nous puissions mener un travail collectif avec l’ARS et ne pas nous contenter d’appliquer des directives », souligne la déléguée de MGF. Une collaboration qui existe déjà puisque le syndicat, par le biais de groupes de travail, est force de proposition pour certaines spécificités de la profession.

Par ailleurs, le 13 octobre ont eu lieu les élections des médecins libéraux des Unions régionales des professionnels de santé (URPS) avec trois collèges présentés : les médecins généralistes, les spécialités organes ainsi que la chirurgie et le plateau technique lourd. MGF a consolidé sa première place en région avec une majorité absolue de 53 % des votes. Les URPS dessinent le paysage politique syndical et représente l’interface entre les médecins de terrain et l’ARS.

« Nous avons conscience qu’il faut réorganiser le système de santé mais il ne faut pas le faire sans les médecins de terrain. Notre profession doit rester valorisée à sa juste valeur », conclut Florence Lapica.

Sévim Sonmez

Une nouvelle convention à définir

Début 2016, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) et les syndicats représentatifs des médecins libéraux entameront des négociations afin d’élaborer la nouvelle convention médicale qui sera appliquée pour les 5 ans à venir. Cette convention médicale est un ensemble de textes qui régit les liens entre les médecins libéraux et l’assurance maladie afin de garantir l’égalité d’accès aux soins de qualité sur l’ensemble du territoire et d’accroître d’efficience du système de soins. Elle fixe entre autres les tarifs des actes qui seront appliqués par les médecins libéraux.



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