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Le théâtre de Roanne, bientôt sous intérim

Loire le 05 juin 2014 - Aline Vincent - Collectivités locales - article lu 512 fois

Le théâtre de Roanne, bientôt sous intérim
Le maire d'une Ville qui finance un théâtre peut s'opposer à l'auto-programmation d'un directeur (D.R.)

Abdel Sefsaf  (1) a pris la tête du théâtre de Roanne le 18 novembre 2012.

Abdel Sefsaf  (1) a pris la tête du théâtre de Roanne le 18 novembre 2012. Il arrivait pour remplacer la directrice Anne-Marie Barret, elle-même limogée par l’équipe de la maire socialiste Laure Déroche.
Les motifs qui ont conduit le nouveau maire UMP de Roanne, Yves Nicolin, à dénoncer le contrat d’Abdel Sefsaf sont de deux ordres. Le premier est arrivé de la sous-préfecture. « L’initiative n’est pas à mettre au compte d’Yves Nicolin mais du sous-préfet lui-même, explique Monique Guillermin, 1er adjointe, en charge de la culture. Le sous-préfet, dans une procédure de contrôle, avait déjà demandé les pièces du contrat de travail à la précédente mandature. Il l’aurait dénoncé de la même façon avec n’importe quelle municipalité ». Ce contrat a en effet été signé  le 7 janvier dernier alors que la prise de fonction remontait au 18 novembre. Yves Nicolin a fait valoir qu’il ne pouvait y avoir rétroactivité.
A la méthode qui lui est reprochée pour signifier au directeur du théâtre son licenciement, à domicile et en présence de sa famille par des officiers de police, le maire avance une exigence de délai légal à respecter. Il a en revanche proposé à Abdel Sefsaf un CDD jusqu’au 4 juillet de manière à ce qu’il puisse prendre ses dispositions au plan familial et permettre à ses enfants de terminer leur scolarité à Roanne.
Le second motif est celui du conflit d’intérêts. Alors qu’il était dans l’opposition au conseil municipal, Yves Nicolin dénonçait déjà le fait qu’Abdel Sefsaf, à la fois artiste et directeur de théâtre, se soit autoprogrammé au cours de la dernière saison dans le spectacle Quand m’embrasseras-tu ?. La représentation en deux parties mêlant poésie palestinienne et mélodie yiddish avait d’ailleurs provoqué une plainte auprès de la mairie d’une partie de la communauté juive dénonçant « une diatribe anti-israëlienne » et la promotion par lui-même de l’artiste Abdel Sefsaf. L’auto-programmation, n’est cependant pas une exception et existe ailleurs. Elle n’est pas non plus interdite au plan juridique, mais le maire d’une Ville qui finance le théâtre peut s’y opposer. Enfin, un nouvel appel à candidature sera lancé en septembre. « Rien n’empêche Abdel Sefsaf de postuler de nouveau », insiste Monique Guillermin, reprenant les propos d’Yves Nicolin. En attendant, c’est l’ancienne directrice, Anne-Marie Barret, qui assurera l’intérim.

Aline Vincent

(1) Abdel Sefsaf en arrêt maladie suite à une hospitalisation n’a pas donné suite à nos sollicitations.



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