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Le Service catholique des Funérailles : une affaire de convictions

le 21 mars 2015 - Arnaud DE JUBECOURT - Société - article lu 182 fois

Si le Service catholique des funérailles (SCF) existe en région parisienne depuis le début des années 2000, son implantation en Rhône Alpes remonte à un an et demi seulement. Cette courte existence le rend encore peu connu, mais le bouche à oreille va bon train et le SCF s'est fait une place au milieu des entreprises traditionnelles de pompes funèbres (soumises à la libre concurrence depuis 1993).

Il y a été appelé par l’archevêque de Lyon Mgr Barbarin, en écho à la création de la première agence à Paris à l’initiative de l’archevêque de Paris (à l’époque Mgr Lustiger) et de Christian de Cacqueray, professionnel du secteur aux fortes convictions catholiques. C’est en effet à chaque évêque de décider s’il souhaite l’implantation de ce service associatif : le développement du SCF est donc par des « appels » et par des critères plus spirituels qu’économiques.

Jean-Philippe Ugolini, responsable de l’agence de Lyon depuis sa création, résume la philosophie de l’association : « mettre les questions humaines et religieuses au premier plan, et reléguer les questions mercantiles à la place qui leur revient, c'est-à-dire au second plan. Pour ce faire, les équipes sont encadrées par des personnes croyantes qui agissent dans un esprit d’accompagnement, avec délicatesse, écoute, profondeur, et sont capables d’un accueil chrétien au sens des valeurs, mais aussi d’un dialogue religieux si la situation s’y prête ». Du reste, le SCF bénéficie de l’aide de bénévoles ce qui en dit long sur l’esprit de désintéressement qui prévaut. Ce dernier est garanti par le statut associatif à but non lucratif, mais aussi par l’allègement de l’offre « mercantile ». 

Pas de marketing. La politique tarifaire est vite expédiée : « nous facturons au prix le plus juste, sans nous intéresser à ce que fait la concurrence ; nous ne cherchons pas à être moins cher, mais à faire payer le prix équitable ». La rumeur prétend pourtant que le SCF est souvent moins cher que ses concurrents, mais J.P. Ugolini y prête peu d’attention : « Nous voyons notre entreprise comme un service ; ce service n’est pas destiné à nous enrichir, mais il a évidemment un coût que nous sommes bien obligés de facturer, tout en nous tenant à l’essentiel ».

Concernant la relation avec l’Eglise, il précise : « notre rôle n’est pas de nous y substituer, mais de favoriser l’interface avec elle car elle ne peut être présente partout ou à tous les moments du deuil ; nous aidons à l’organisation générale du service funéraire dans un esprit chrétien, mais en restant dans notre rôle d’opérateur funéraire complet ; il arrive aussi que nous nous occupions de funérailles non catholiques ou non religieuses, car les gens peuvent  apprécier notre approche humaine, sans adhérer à une religion ».

Le SCF a été également appelé à s’implanter à Versailles, Bordeaux, Toulon, Marseille. Malgré son absence d’ambition commerciale, l’association connait une activité en progression qui montre que son approche du service correspond au souhait de certaines familles, encore aujourd’hui (ou surtout aujourd’hui ?) à la recherche de ce qu’on peut appeler un supplément d’âme. 

Arnaud de Jubécourt

 

 



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