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Le Royal s'arrache

Loire le 14 janvier 2015 - Xavier ALIX - Société - article lu 243 fois

Le Royal s'arrache
Xavier Alix - Après les fauteuils, les affiches parfois vieilles de 30 ans, ont été mises en vente

La fermeture le 6 janvier du cinéma (remplacé place Chavanelle par le Camion rouge d'ici quelques semaines) a été suivie d'une vente au public des fauteuils et de ses affiches. Un succès fou.

Un succès tel qu’elle regretterait de ne pas y avoir pensé avant pour d’autres cinémas. A la tête du groupe MJM, Sylvie Massu, propriétaire du désormais feu Royal, avait décidé proposer au public ses fauteuils mais aussi ses affiches et affichettes de films pour respectivement 10, 5 et 3 €.
102 ans après sa création, le Royal a projeté ses trois ultimes séances le 6 janvier à 22 h. Les 500 fauteuils mis en vente dès le lendemain sont partis en 36 heures. Achetés par des associations, des particuliers pour se faire une petite salle de ciné à domicile ou mettre du « fun » dans le salon... Ne prévoyant pas que les quatre  employés aient à gérer de si longues files d’attente, la direction n’avait pas mis de limite de quantité. L’un des acheteurs en a ainsi acquis une centaine à lui seul. Les jours suivants, des milliers d’affiches, plus de 30 ans de réserve (la direction interdisait de les donner), étaient à leur tour vendues. Tout n’est pas parti mais là aussi, les acheteurs ont défilé, certains venant encore pour les fauteuils…
Projectionniste mais aussi « homme à tout faire comme un peu tout le monde ici », Eric Bardet a fait 30 ans au Royal. Bien sûr, ça ne lui fait pas rien de quitter les lieux - « j’ai construit le hall avec l’entreprise Sacma en 1984 (lors du dernier aménagement majeur, Ndlr). » Mais l’homme garde un large sourire continuant à blaguer avec les autres employés dont Rémi Crozet, 9 ans de Royal : « il y a de l’émotion mais au moins on n'est pas dans l’incertitude d’il y a quelques années ». Après avoir été longtemps cliente Myriam Boumaza, elle, vient de passer 2 ans au guichet : « on garde notre travail et on va aller dans un établissement tout neuf juste à côté. Mais quand même… si on avait pu garder notre Royal... » Il y a aussi les appréhensions logiques du transfert au Camion Rouge, de nouvelles méthodes de travail, de nouveaux collègues…
« De toute façon, le bâtiment du Royal n’avait pas les fondations suffisantes pour passer au niveau au-dessus », précise Eric Bardet qui toujours cru à un nouveau ciné et même au rachat du Gaumont par MJM « dans les tuyaux depuis 25 ans. Le père de Sylvie Massu avait déjà été à deux doigts de le reprendre. » C’est une grève qui avait alors fait capoter l’affaire.

Xavier Alix



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