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Saint-Chamond : le premier budget Reynaud attaqué ?

Loire le 29 janvier 2015 - Xavier ALIX - Collectivités locales - article lu 720 fois

Saint-Chamond : le premier budget Reynaud attaqué ?
Le budget n'a pas été voté par 3 des 4 groupes opposants

Iront-ils jusqu'au bout de leurs déclarations ? Lundi, souhaitant couper court à des débats s'éternisant pour passer au vote de son premier budget primitif 2015, le maire Hervé Reynaud a déclenché la colère des élus d'opposition.

Dans des échanges à l’agressivité générale montante, les élus écologistes n’ont pas pu s’exprimer une seconde fois sur le budget. Une suspension de séance n’a rien calmé, les élus PS, d’EELV et PC-Front de gauche refusant de voter (le FN a lui voté mais contre), menacent d’attaquer le budget. Ce qui peut prendre la forme d’un recours amiable auprès de la préfecture ou d’un recours au tribunal administratif…
Ce premier budget de l’ère Reynaud, c’est naturellement son adjoint aux finances, Régis Cadegros, qui l’avait au préalable présenté, évoquant le « vrai défi » que fut « de maintenir nos capacités d’investissement avec le recul des dotations d’État ». Recul qualifié systématiquement de « racket » et s’élevant à 1,57 M€ en 2015. Heureusement en parti compensé par les dotations de solidarité comme la DSU mais... symptomatique de communes pauvres. Rayon recettes, le résultat des impôts progresse, « non par augmentation des taux mais parce que les bases progressent d’1,8 % et que l’adhésion au syndicat Sitiv (syndicat de service mutualisé sur l'informatique que la majorité précédente a souhaité rejoindre) sera fiscalisée». Les reversements de Sem aussi au contraire des droits de mutation, du périscolaire et de celles liées aux fréquentations culturelles et sportives. Si bien que le BP 2015 annonce 45,95 M€ de recettes de fonctionnement contre 46,32 M€ en 2014. « Mais l’Etat n’en a pas fini avec les dotations : 2016 et 2017 pourraient être pires », avertit R. Cadegros.
Les dépenses de fonctionnement - 41,92 M€ - augmentent elles de 85 000 € prenant en compte la digestion des nouveaux rythmes scolaires ou encore du plan de sauvegarde communal. Les subventions aux associations, 2,02 M€, restent stables. La capacité d’autofinancement, en recul de 380 000 € par rapport à 2014, s’élève ainsi à 4,034 M€. Avec 2,8 M€, la progression de la dette sera de 580 000 €, la capacité de désendettement étant de 4 ans. 2015 verra quasi 7 M€ d’investissement, « au même niveau que 2014 », insiste R. Cadegros. C’est le rattachement au centre ville de la halle de Novacieries dans le cadre du projet de pôle loisirs à la halle n°1 (lire notre édition du 19/12) et les nombreuses acquisitions et démolitions dans le cadre de la dynamisation urbaine du centre qui sont mis en avant par la majorité sans oublier des rénovations de quartier comme au Creux, avec un projet de soigner l'entrée sud de la ville. A noter la mise en place d’un droit de préemption sur les commerces pour mieux anticiper en cas de fermetures. Il faut aussi compter sur six nouvelles caméras de vidéo protection (ou « surveillance » selon les interprétations...).
Avant la vraie dispute finale, les groupes d’opposition avaient un à un descendu en règle ce budget. Stephane Valette pour le PS : «  un recul historique des investissements ; notre moyenne était à 9,2 M€ par an. C’est votre premier budget, et il n’a aucune vision d’avenir, rien de structurant. Vous ne maîtrisez pas les dépenses, vos choix sont inquiétants. Malgré une ville mise en sommeil vous effectuez le tour de force d’augmenter les impôts via le Sitiv (une obligation des statuts selon la majorité, Ndlr). » J.-P. Di Pasquale (PC) : « l’austérité ultralibérale, c’est encore le personnel municipal qui la paie. Notons aussi la revanche mesquine sur Jean-Macé  et la Coordination culturelle avec - 30 et - 50 % de subventions. » P. Simonin (EELV) : « si vous manquez d’idées, on en a : lutter contre le réchauffement, l’étalement urbain, développer les énergies renouvelables et transports doux. retirer la piste cyclable du Coin pour 100 000 € de coût et commander derrière une étude sur les pistes cyclables à 70 000 €, c'est une provocation ? ». F. Descours (FN), enfin, aurait lui préféré des policiers municipaux plutôt que des caméras « inutiles » et fustige les aides à des associations qui n'ont pas à relever de la mairie.

 Xavier Alix

L’hôpital clairement menacé

Le conseil avait pourtant débuté dans la concorde avec un vote unanime sur un vœu relatif à l’avenir de l’hôpital du Gier et au maintien de son offre. Dans le cadre de la « modernisation » de l’offre et des parcours de soin Loire Sud, l’ARS a invité le 23 janvier le comité stratégique du territoire (élus aux conseils de surveillance, médecins représentants, directions etc.) à une réunion de restitution des travaux et de présentation des orientations. « Le dialogue s’est vite durci, l’ARS imposant les choses sous couvert de sa méthodologie, négligeant la présence promise des parlementaires, explique H. Reynaud. Ce n’est pas un projet qui a été présenté mais une rationalisation comptable. Clairement, on sent venir le démantèlement de l’hôpital. Cela s’est envenimé au point où la présentation des propositions ont été reportée à avril.» Sur quelles ambulances veut-on tirer ? Pour le Gier, maternité, chirurgie, biologie et même les urgences… Bref, l’essentiel de l’offre de soins sous prétexte des 2 M€ de déficit d’un service public subissant le dogme de la tarification à l’acte alors que son activité progresse. D’autres municipalités du sud Loire devraient adopter des vœux similaires, notamment Rive-de-Gier pour le Gier.



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