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Le péri-urbain a-t-il une âme ?

Loire le 07 juillet 2015 - Daniel Brignon - Immobilier et BTP - article lu 188 fois

Le péri-urbain a-t-il une âme ?
Daniel Brignon - Le péri-urbain en débat

Le deuxième séminaire du cycle Atelier du territoire organisé par l'agence d'urbanisme Epures posait la question du péri-urbain, « au-delà des idées reçues », pour observer d'un œil neuf ces espaces mal identifiés.

Magali Talandier, urbaniste-économiste, maître de conférences à l’UJF de Grenoble intervenait à partir d’une étude des flux entre agglomérations et ce qu’elle nomme les « hinterlands ». Elle discerne deux grands systèmes de circulation de la ville vers des territoires extérieurs : un système « compact et intense », où l’on voit beaucoup de circulation dans l’immédiate proximité de la ville, comme en donnent l’exemple Nantes, Rennes, Bordeaux, Toulouse, Annecy ; puis un système « diffus et intense », où l’on repère une circulation vers l’extérieur mais loin de la ville comme à Strasbourg ou Lille. Dans le premier cas, on observe « une circulation dynamique et interactive entre l’agglomération et l’interland, qui se borne pas au résidentiel et dispose de ses propres ressources productives. Il y a une forte communauté de destin entre l’agglomération et l’hinterland, contrairement à l’autre système, diffus », où ne se construit pas une identité péri-urbaine autonome, conclut Magali Talandier.

Max Rousseau, chargé de recherche en science politique au Cirad et Eric Charmes, chercheur en sciences sociales appliquées à l’urbain, lui donnent raison en analysant la situation du péri-urbain à Lyon. La ville de Lyon s’est constituée une première couronne périurbaine maintenant figée sous l’effet des restrictions d’urbanisme.

« Le territoire du Scot de l’Ouest lyonnais incarne particulièrement bien ce que peut être un territoire péri-urbain assumé qui a trouvé une identité et une maturité à l’équilibre avec l’agglomération dans une alliance de destin, en opposition d’ailleurs à la deuxième couronne, qui engendre des nuisances par les flux de déplacements qui viennent le traverser », observent les chercheurs faisant remarquer que « le blocage de l’urbanisation dans la première couronne périurbaine ne réduit pas forcément l’étalement urbain mais le reporte plus loin, au-delà de la première couronne, à 30 à 40 km de Lyon où il y a une offre politique et une offre foncière. C’est le revers d’une politique de l’État ».

Daniel Brignon



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