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Le Pays de Saint Galmier à la croisée des chemins

Loire le 09 mai 2015 - Louis Thubert - Collectivités locales - article lu 1203 fois

Le Pays de Saint Galmier à la croisée des chemins
Louis Thubert - Monique Girardon a affirmé : « Je ne vendrai pas mon territoire pour un plat de lentilles ».

Après avoir résisté avec succès à une intégration au sein de Saint-Etienne Métropole, la communauté de communes du Pays de Saint-Galmier (CCPSG) se retrouve à nouveau au pied du mur. La législation impose un nouveau seuil de population aux intercommunalités, et la possibilité d'une fusion avec une autre intercommunalité est inévitable.

L'heure des choix, encore. La loi Nouvelle organisation du territoire de la république (NOTRe) force la Communauté de Communes du Pays de Saint-Galmier à se remettre en question, à peine trois ans après un combat gagné contre une intégration à la métropole stéphanoise. Au prix, tout de même, du détachement de La Fouillouse et surtout d'Andrézieux-Bouthéon, commune peuplée et prospère, parties rejoindre Saint-Etienne Métropole (Sem). Mais voilà, la loi NOTRe pose un nouveau seuil pour les intercommunalités (voir encadré).

Et Sem, actuellement à un peu moins de 390 000 habitants, cherche désespérément les citoyens qui lui permettrait de franchir le cap fatidique et de devenir une Métropole - et pas qu'uniquement dans son nom. Et si le Pays de Saint-Galmier compte 29 000 habitants, d'autres intercommunalités proches (comme Feurs en Forez par exemple, mais aussi les Montagnes du Matin et Forez en Lyonnais) sont en dessous du seuil exigé. Des regroupements sont donc indispensables.

« Tout délai fait le jeu des services de l'Etat »

Par conséquent, c'est le branle-bas-de-combat à la CCPSG. Lundi 27 avril, un conseil communautaire a eu lieu, avec comme objectif, la prise de décision par rapport à plusieurs scénarios : vaut-il mieux rejoindre Sem, la Communauté d'agglomération Loire Forez (Calf), se regrouper avec une des Communautés de Communes du centre Loire, ou un mélange des deux dernières options ? Pour Monique Girardon, maire de Veauche et présidente de la CCPSG, en tout cas, l'important est d'éviter le morcellement. « Nous sommes plus forts à 10 qu'à 4, 6 ou 8 », a rappelé la présidente. Qui a encouragé les conseillers communautaires à se prononcer sur la résolution suivante :« Est-ce que nous sommes d'accord pour travailler sur un projet de territoire avec le Forez ? »,  « Tout délai fait le jeu des services de l'Etat », a-t-elle argumenté. Le « jeu », en l'occurence, c'est la diminution du nombre d'Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI, dont font partie les intercommunalités).

Si la majorité des conseillers communautaires se sont prononcés pour un « Forez Fort », c'est à dire le rapprochement avec une intercommunalité forézienne (la Calf ou l'une des trois communautés de communes) plutôt qu'avec Sem, tous ne se sont pas décidés ce soir là. Jean-Yves Charbonnier, maire de Saint-Galmier, a plaidé : « Je sais que le temps est compté, mais il ne faut pas galvauder le temps de la réflexion ». Pour les élus communautaires de Saint-Bonnet-les-Oules, par contre, hors de question de tourner le dos à la métropole stéphanoise. « On a du mal à définir un autre bassin de vie », a fini par lâcher Guy Françon, maire de Saint-Bonnet, après plusieurs heures de débat.

Les conseillers saint-bonnétaires ont voté contre la résolution proposée. Les conseillers de Rivas, Chamboeuf et Saint-Galmier ne se sont pas prononcés, invoquant la nécessité de bien informer les élus municipaux. La prochaine étape est l'ouverture de négociations avec les voisins du Pays de Saint-Galmier. Le 22 mai, Monique Girardon doit prochainement faire le point sur la situation avec le préfet.

La loi NOTRe, une petite révolution pour les collectivités territoriales

Qui a dit qu'il était impossible de simplifier le « mille-feuilles administratif » français ? C'est pourtant ce qui semble se passer. Après l'affirmation des métropoles (loi Maptam) puis le rassemblement des régions (qui verra Rhône-Alpes fusionner avec l'Auvergne), la loi Nouvelle organisation territoriale de la République se charge de rebattre les cartes. Avec, comme objectif, la montée en puissance des intercommunalités. Désormais, les communautés de communes, la plus petite forme d'intercommunalité, doivent compter au moins 20 000 habitants (sauf dans les zones à faible densité). La taille minimale pour les métropoles est de 400 000 habitants - d'où la nécessité pour Sem de se renforcer démographiquement. Les communautés urbaines, forme intercommunale plus petite que les métropoles, voient leur seuil de population fixé à 250 000 habitants contre 450 000 auparavant. Ces seuils visent à rendre les intercommunalités incontournables en y faisant adhérer chaque commune de France et en les poussant à atteindre des tailles certaines, pour qu'elles puissent prendre à leur charge des compétences. Forcément, cela passe par un remembrement qui ne plait pas toujours et chamboule certains équilibres locaux.



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