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Le Pas de Bême : faire ou ne pas faire, telle est la question !

Isère le 11 mars 2017 - Laurent MARCHANDIAU - Spectacle, Théâtre

Le Pas de Bême : faire ou ne pas faire, telle est la question !
Martin Colombet - Le Pas de Bême interroge sur nos choix, la possibilité de le faire et le pouvoir de ne pas faire.

Une mise en scène minimaliste à l'image d'un ring délimité par de simples rangées de chaises où se mêlent spectateurs comme comédiens. Mise en scène par Adrien Béal, la pièce de théâtre Le Pas de Bême s'inspire du roman L'Objecteur de Michel Vinaver. Une pièce sur la résistance aussi étrange qu'envoûtante.

Trois ans que la pièce a été créée et elle suscite toujours un étrange attrait. Mise en scène par Adrien Béal et adaptée librement du roman L’Objecteur de Michel Vinaver, Le Pas de Bême parle de résistance face à quelque chose dont on est capable de réaliser, sans pour autant le faire. L’espace scénique carré délimité par des rangées de chaises où se côtoient spectateurs et comédiens s’ouvre sur Bême, un lycéen bien intégré à son environnement, adapté, aimé. Incarnant l’objecteur, à chaque fois qu’il doit faire ses devoirs, il rend feuille blanche, sans explication. Cette objection infime remet peu à peu en cause l’ensemble de son environnement social. « L’objection décrite par Vinaver est singulière. Elle n’est pas l’objection de conscience, elle est autre chose qu’une rébellion. Elle témoigne d’une opacité, d’une incapacité de son auteur à obéir. Elle est liée à l’intégrité physique et en cela, elle produit un point de contact électrique entre l’intime et le politique », note Adrien Béal.

« Explorer les conséquences de l’objection »

Si le roman de Vinaver s’inscrit dans un contexte particulier, celui où le service militaire est obligatoire et/ou les objecteurs n’existent pas encore, Le Pas de Bême s’est réappropriée cette objection en la transposant dans un univers flou ou il s’agit d’interroger. « L’histoire que nous racontons est une exploration des conséquences de l’objection. Qu'est-ce qui peut mettre en doute les modèles auxquels nous sommes le plus attachés ? À quoi sommes-nous tous, dans un accord tacite, le plus attaché ? Nous tous, qui faisons le spectacle ou qui le regardons. Qu’est-ce qui, en chacun de nous, appelle au changement, et qu’est-ce qui le retient ? » Une réflexion sur le faire et le choix de ne pas faire.

L.M.

Du 14 au 17 mars à l’Hexagone de Meylan ; rens. : http://theatre-hexagone.eu .



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