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Expo Tuning : Le musée d'Art et d'Industrie en fait des caisses

Loire le 21 mars 2015 - Florence Barnola - Expositions - article lu 525 fois

Expo Tuning : Le musée d'Art et d'Industrie en fait des caisses
Georges Rivoire - L'exposition Tu nais, Tuning, Tu meurs rapproche le design du tuning avec 71 pièces présentées

700 m2 dédiés à une pratique populaire, le tuning. Le In de la Biennale du design s'installe au musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne. L'exposition signée par le post-diplôme Design et Recherche de l'école supérieure d'Art et de Design invite à poser un autre regard sur ce phénomène social, décortiquant le concept.

« Nous avons voulu réfléchir au tuning comme un concept permettant de comprendre une certaine manière d’envisager la relation à l’objet. Le propre des tuneurs est de reconsidérer des objets industriels standard », expliquent les deux commissaires de l’exposition « Tu nais, Tuning, Tu meurs », co-dirigeant le post-diplôme Design et Recherche de l’école de design de Saint-Étienne, le philosophe et directeur éditorial de la revue Azimuts Marc Monjou et le designer Rodolphe Dogniaux.

« Nous avons remarqué que les tuneurs consacrent leur vie entière à cette passion. « "Tu meurs" est un jeu de mots parce que cette pratique a eu son point d’orgue en France dans les années 1990/2000. Aujourd’hui il existe des pratiques nouvelles ne s’appelant plus forcément tuning. » Pour le sociologue Eric Darras « le tuning est l‘art de personnaliser son véhicule ». « Il y a tout un débat de mots autour de ce concept », raconte Marc Monjou. « Aux États-Unis on parle de custom et non de tuning. En Europe, le custom se réfère au "retravail" des voitures américaines. »

« Faster, Bigger, Better » s’allument en lettres blanches pour accueillir les visiteurs dans la première salle d’exposition. Le ton est donné : la surenchère. Sur un mur est projeté le clip de DJ Mehdi, Signatune, réalisé par Romain Gavras au cours d’un meeting à Lens : « Ce clip montre les archétypes, les idées convenues que sont le tuning. Nous ne voulions pas avoir une approche documentaire ou sociologique de l’approche culturelle du tuning. L’intéressant est de voir comment un artiste s’en empare. » L’exposition explore donc d’autres champs que les positions du tuning. Pour exemple l’œuvre de Samir Mougas, Un chaînon manquant : « Il s’est étonné de l’existence de la limule, un monstre marin panchronique qui a atteint sa perfection formelle et biologique depuis des milliers d’années. L’artiste s’est demandé comment le perfectionner. Il a pensé au becquet. Les tuneurs prennent des objets industriels à leur plus haut niveau de perfection en essayant de les faire aller plus loin, l’objet typique qu’ils utilisent est le becquet. »

Quand le design s'empare du tuning

Dans la deuxième salle, le projet étonnant d’une jeune designeuse française, Caroline Garnier, a consisté à scanner le best seller de la lampe Ikea « Elle en a fait un scan en 3 D, et a obtenu un code numérique qu’elle a lésé pour intervenir sur la forme puis l’a réimprimée en 3 dimension. » A côté, le collectif de designers danois Superflex a effectué la démarche inverse. Ils ont mené une réflexion sur le standard industriel en partant d’une chaise inspirée d’un classique de l’histoire du design, la chaise Fourmi de Jacobsen. Le projet a consisté à retailler dans cette chaise standardisée l’original. Quant à l’œuvre de Bertrand Lavier, une aile de la voiture Picasso peinte dans le bleu outremer du célèbre artiste espagnol, elle questionne les relations entre les valeurs de l’art et de l’industrie.

Dans la troisième salle, le saint-chamonais Maxime Lamarche a inversé l’usage par le tuning de la voiture en imaginant une Ford Tonus transformée en bateau. Autre curiosité intéressante, la pièce Way of Roses : The path of Roses de la lituanienne Severija Incirauskaite-Kriauneviciene est un capot brodé de roses. Cette partie de l’exposition aborde également les à-côtés du tuning, comme les vêtements ou les magazines, ainsi que la place de la femme. La vidéo de l’américain Luis Gispert met en scène une pom-pom girl simulant le bruit d’une alarme automobile. Les photographies de Sylvie Fleury, réputée pour sa critique de la société de consommation, prises des couvertures de magazines auto soulignent le rôle de la femme comme objet.

Bien d’autres objets de design sont à découvrir comme l’auto lib « Révélation » signée du designer Franck Magné ou encore la bicyclette de Charles Lopez.

Florence Barnola

Georges Rivoire
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«Tu nais, Tuning, Tu meurs »

Jusqu’au 15 juin au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne. Un meeting tuning prendra place au MAI le 4 avril prochain à 14 h.

« Exposition pédagogique et de formation »

Les deux commissaires d’exposition co-directeurs du post diplôme Design et Recherche de l'ESADSE ont réalisé ce projet avec leur neuf étudiants. Les post-diplômés déjà titulaires du master ont construit pendant une année et demie de A à Z l’exposition. Ils ont choisi le thème fin 2013 en partant de la thématique de la Biennale 2015 sur le sens du beau. Ils ont réalisé le commissariat, la régie, la scénographie, la communication… 



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