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Le musée d’Art et d’Industrie à l’ère baroque

Loire le 02 octobre 2014 - Florence Barnola - Culture - article lu 861 fois

Le musée d’Art et d’Industrie à l’ère baroque
Le clavecin du XVIIIe, nouvellement restauré n'avait pas été exposé depuis 40 ans (© FB)

« Ce clavecin, bien que faisant partie des collections, n’était plus exposé », explique Sylvain Bois commissaire de l’exposition.

En effet, cette pièce des collections du musée d’Art et d’Industrie était restée dans les réserves sans jamais en sortir depuis quarante ans.
Pour mettre à l’honneur le clavecin stéphanois du XVIIIe siècle, « aux décors de chinoiseries », trois salles d’exposition lui sont consacrées. D’où vient-il ? « Sa provenance est un mystère puisque nous n’avons pas retrouvé de document, ce qui a suscité à Saint-Etienne une sorte de mythologie et de fantasme. » Quelques indices démontrent une certaine excellence mais n’apportent toutefois pas la lumière nécessaire pour connaître véritablement l’histoire du clavecin. Pour exemple, la rosace authentique incrustée sur la table d’harmonie de l’instrument où sont inscrites deux lettres : AR. Ce sont les initiales d’Andreas Ruckers. « Cette famille a généré les facteurs de clavecin les plus fameux du XVIIe. On a longtemps cru que c’était un clavecin Ruckers ravalé au XVIIIe (élargissement de la table d’harmonie, Ndlr. » Quant à savoir à quelle époque le musée a acquis l’instrument… le mystère reste entier quoi qu’il existe des pistes. « Il est probablement rentré dans les collections au titre des modèles décoratifs, mais il n’était déjà plus en état de jeu. Dans un inventaire de 1890 on le trouve mentionné, il est défini comme un piano à queue japonais ».  Aussi, une photographie de 1944 l’immortalise-t-il au milieu de la collection exposée dans la salle du dernier étage.
Le musée a voulu ressortir l’instrument pour « le valoriser maintenant qu’il est restauré. C’est aussi la volonté d’aller à la rencontre des publics d’aujourd’hui en initiant des projets technologiques, en montrant que c’est un objet scientifique pour lequel nous n’avons pas encore trouvé toutes les réponses aux questions qu’il pose. Aujourd’hui les scientifiques et spécialistes s’y penchent dessus. »

Une restauration collégiale

Dès 2007 le clavecin avait nécessité des études afin de déterminer des travaux de rénovation. Au mois de février dernier l’instrument avait fait partie d’une exposition aux Arts décoratifs de Paris. Sylvain Bois précise que cette restauration a nécessité un long processus et a dû être collégiale, parmi les partenaires se trouve notamment le musée de la Musique de Paris. Des spécialistes se sont penchés sur l’objet décoratif, le décor polychrome de la caisse de jeu, les dorures du piètement…
Sont présentées à Saint-Etienne, pour replacer l’instrument dans un contexte et surtout une mode, outre de magnifiques laques comme un paravent chinois du XVIIe siècle prêté par le musée des Arts décoratifs de Lyon, quelques-unes des 600 pièces de céramiques du musée d’Art et d’ndustrie datant de la même époque. «  Elles témoignent du goût pour l’exotisme en France » comme un plat chinois du XVIIe, « où l’on va retrouver des éléments iconographiques visibles aussi sur le clavecin comme des représentations végétales, des pagodes, des rochers, des personnages s’inscrivant dans un décor de nature avec des saules, des pruniers… » En bonus, dans la partie multimédia une analyse iconographique de ces éléments est à voir.  
Enfin litchi sur le gâteau, le visiteur est accompagné dans sa visite par de mélodieux extraits d’œuvre classiques pour clavecin.

Florence Barnola


Des concerts de musique baroque sont proposés au musée. Renseignements : www.mai.saint-etienne.fr


Un clavecin virtuel interactif

Le public peut jouer ! Le fac-similé virtuel du clavecin du XVIIIe a été réalisé par huit élèves ingénieurs de l’école des Mines. L’instrument s’est vu numériser notamment par lasergrammétrie, c’est-à-dire qu’il a été scanné via un laser 3D. Grâce à un travail effectué en partenariat avec l’université Jean-Monnet et plus précisément la faculté de musicologie, les visiteurs peuvent aussi expérimenter l’acoustique de l’instrument à cordes pincées, en explorant l’étendue des sons qui varient selon différents paramètres physiques.
Des rendez-vous sont aussi donnés avec des élèves du conservatoires Massenet pour des démonstrations « en live ».



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