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Le Marquis et la Marquise de Virieu reconnus à titre posthume "Justes parmi les Nations"

Isère le 10 août 2015 - Louis FOURNIER - Société - article lu 1999 fois

Le Marquis et la Marquise de Virieu reconnus à titre posthume        "Justes parmi les Nations"
Louis Fournier - Retour de clandestinité du Marquis et de la Marquise de Virieu août 1944 au château de Virieu

« Sans votre famille, je ne pourrais pas vous écrire cette lettre aujourd'hui … » c'est par cet émouvant préambule, qu'un survivant des persécutions anti-juives vient de prendre contact soixante-dix plus tard, depuis les Etats-Unis avec ses sauveurs viriaquois

C’est par une missive adressée en 2014 à la famille de Virieu (Isère), qu’un des survivants de l’holocauste polonais vient de rendre hommage à ses sauveteurs. Les deux chefs de famille ayant été déportés dans les camps de la mort d’où ils ne reviendront pas, ce sera une longue errance qui conduira les deux mères survivantes et leurs enfants jusqu’à Virieu  Dans le plus grand secret ces familles juives seront recueillies et cachées au sein du château de Virieu, par le Marquis et la Marquise de Virieu, de 1942 à 1943.

Dans le milieu de l’année 1943, la famille de Virieu et des membres de la Résistance locale  furent dénoncés à la Gestapo. Les Virieu durent quitter précipitamment le château pour se réfugier, sous un nom d’emprunt, à Chichilianne (Vercors) et continuer leurs actions de résistants dans la clandestinité. Les familles juives, elles aussi, durent fuir le château en tout hâte et trouver un nouveau refuge avec l’aide des sœurs de N.D de Sion de Lyon.

C’est donc soixante-dix années plus tard, qu’un survivant contactera les descendants des  sauveurs de sa fratrie et qu’il entreprendra les démarches pour faire reconnaître ses bienfaiteurs. Ceux-ci viennent d’être élevés au rang de « Justes parmi les Nations ». Prochainement, les noms de Xavier et Marie-Françoise de Virieu seront gravés sur le Mur d’Honneur du Jardin des Justes de Yad Vashem à Jérusalem, pour avoir caché, au péril de leurs vies, deux familles juives polonaises.

Louis Fournier

24 août 1944, le Colonel de Virieu de retour de clandestinité est acceuilli par la Résistance de Virieu

24 août 1944, le colonel de Virieu de retour de clandestinité est accueilli par Michel Gueyraud, responsable de la Résistance locale, et par les Résistants, en présence de la foule en liesse du village de Virieu

Juste parmi les Nations

Le 19 août 1953, est créé, à Jérusalem, l’Institut Commémoratif des Martyrs et des Héros de la Shoah - YAD VASHEM. En 1963, une Commission présidée par un juge de la Cour Suprême de l’Etat d’Israël est alors chargée d’attribuer le titre de « Juste parmi les Nations », la plus haute distinction civile décernée par l’Etat hébreu, à des personnes non juives qui, au péril de leur vie, ont aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi. Les personnes ainsi distinguées doivent avoir procuré, au risque conscient de leur vie, de celle de leurs proches, et sans demande de contrepartie, une aide véritable à une ou plusieurs personnes juives en situation de danger.

Au cours d’une cérémonie officielle, le Représentant de l’Ambassade d’Israël remet aux « Justes parmi les Nations» ou à leurs ayants-droits, une médaille gravée à leur nom ainsi qu’un diplôme d’honneur. Leurs noms sont inscrits sur le mur d’honneur du Jardin des « Justes parmi les Nations » de Yad Vashem, à Jérusalem. Les noms des Justes parmi les Nations de France sont également inscrits à Paris, dans l’Allée des Justes, près du Mémorial de la Shoah, rue Geoffroy l’Asnier.

Il y avait environ 320.000 juifs en France en 1940. 76.000 ont été déportés, 2551 seulement sont revenus, et parmi ces derniers aucun enfant. En France, les 3328 Justes reconnus et aussi tous les Justes méconnus de « l’armée des ombres » qui ont sauvé des juifs au péril de leur vie, représentent un symbole essentiel, une lumière dans le cauchemar. Ils ont eux aussi sauvé l’honneur de la France.     (Sources : Comité Français pour Yad Vashem)

"En honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l'idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l'Histoire dans sa vérité."
Simone Veil.

 



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