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Le MAM de Saint-Etienne réinventé par ses expositions

Loire le 27 juin 2015 - Florence Barnola - Expositions - article lu 208 fois

Le MAM de Saint-Etienne réinventé par ses expositions
P.Pepperstein - El Lissitzky Highway in the Alps in the year 2219

Le musée d'Art moderne de Saint-Étienne Métropole propose durant tout l'été pas moins de cinq expositions à visiter dont la très belle rétrospective Giovanni Anselmo, l'un des visages de l'Arte Povera, et une incroyable exposition scénographique signée par la Fondation italienne Volume !.

Depuis le 3 juin, les inaugurations d’exposition se succèdent au Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole. Elles seront au nombre de cinq durant tout l’été jusqu’à début septembre. Deux d’entre elles, les plus importantes, la rétrospective Giovanni Anselmo et Passages de Fondation Volume ! resteront visibles jusqu’au 3 janvier prochain.

Dans l’espace central du musée, prennent place des œuvres de l’une des figures incontournables de l’Arte Povera, Giovanni Anselmo. La rétrospective débute en 1967 et finit par ses créations d’aujourd’hui. Pour Lorand Hegyi, directeur général du musée d’Art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole : « L’oeuvre de Giovanni Anselmo manifeste en chacune de ses composantes un rapport fondamental, objectif, ferme et indubitable à la totalité. Chaque objet se rapporte immédiatement au tout. »

Depuis la fin des années 1960, l’artiste italien réalise des sculptures à partir de matériaux naturels tels que le bois, le fer ou la pierre en utilisant leurs propriétés physiques pour suggérer des notions de pesanteur ou de gravité. À noter notamment l’installation Dove le stelle si avvicinano di una spanna in più mentre la terra si orienta, réactivée spécialement pour l’exposition à Saint-Étienne, elle invite le spectateur à déambuler…

Pour prolonger le thème de l’Arte Povera, trois salles du musée offre au visiteur quelques œuvres de la collection d’artistes ayant participé à la naissance de cette « attitude » comme Michelangelo Pistoletto, Mario Metz et Guiseppe Penone.

Passages, l’exposition proposée par la fondation romaine « Volume ! » occupe l’aile droite du bâtiment. Cette fondation, au sein de laquelle de nombreux artistes internationaux de renom sont intervenus, a, depuis sa création en 1997, un projet culturel singulier : demander aux artistes d’aborder l’espace comme un organisme vivant avec ses propres particularités, son histoire, son adaptabilité. Il s’agit donc pour les exposants de repenser l’espace, le modifier pour mieux l’incorporer dans leurs œuvres. « Il est étonnant de constater à quel point les différentes configurations et installations peuvent transformer un seul et même espace ; à quel point les artistes peuvent le réinterpréter en l’intégrant à leurs concepts. L’éclairage ou l’obscurité jouent en l’occurrence un rôle absolument essentiel ainsi que les déplacements des visiteurs à l’intérieur des salles. »

Photographies et dessins impriment l’espace

Côté aile gauche du musée, l’un des artistes les plus influents de la nouvelle génération russe, le peintre moscovite Pavel Pepperstein, nous dévoile The Cold Center of the Sun. Il est le créateur du groupe artistique « Inspection Medical Hermeneutics » (1987). Ses œuvres soulignent le chaos politique et culturel de notre époque. La littérature a une place prépondérante dans son œuvre dont les productions sont constituées d’une palette de couleurs primaires, de textes, de mots et de phrases laissant apparaître un langage poétique singulier d’une grande force.

Roselyne Titaud, photographe française vivant à Berlin, s’intéresse à la mise en spectacle d’environnements de certaines espèces animales dans la série photographique Inszenieren. Les décors créent l’illusion de l’espace naturel de ces animaux mais laisse entrer l’institution muséale dans cette mise en scène, créant des échanges entre intérieur et extérieur.

Enfin la dernière exposition, Du dessin dans l’espace, regroupe 5 artistes et un collectif autrichiens qui conçoivent des objets à partir de différents matériaux (bois, métal, papier ou plastique) tout en associant la pratique du dessin.

Florence Barnola

Giovanni Anselmo, du 13 juin au 3 janvier ; Fondation Volume ! du 13 juin au 3 janvier ; Pavel Pepperstein, du 13 juin au 6 septembre ; Roselyne Titaud, du 3 juin au 30 août ; Du Dessin dans l’espace, du 13 juin au 23 août.

L’Arte Povera

L'expression « Arte Povera » est utilisée pour la première fois en septembre 1967 par le critique et historien de l’art Germano Celant pour intituler une exposition collective présentée à Gênes pour laquelle Giovanni Anselmo a participé.

Les artistes de l'Arte Povera refusent toute définition de leur mouvement, ils préfèrent parler d’« attitude ». Ils défient l’industrie culturelle et plus largement la société de consommation, selon une stratégie pensée sur le modèle de la guérilla. Le processus créatif est privilégié au détriment de l’objet fini.



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