Fermer la publicité

Expo : Le Frac de Marseille comme si vous y étiez

Loire le 06 novembre 2014 - Daniel Brignon - Expositions - article lu 512 fois

Expo : Le Frac de Marseille comme si vous y étiez
Falada, triptyque de Frédérique Loutz, 2010 (D.R.)

L'expérience est conduite pour la troisième fois avec les étudiants de troisième année de l'Esadse.

En 2011, les élèves étaient invités à explorer le fonds de l’institut d’Art contemporain de Villeurbanne, en 2012 le fonds régional d’Art contemporain d’Auvergne, pour en restituer un regard qui en livre la substance. Cette année 25 étudiants se sont confrontés à un troisième fonds régional d’art contemporain, ces fonds créés dans les années 1980 pour collecter l’art qui se produit et le diffuser. Ils ont visité cette fois le Frac de Provence-Alpes-Côte d’Azur à Marseille où sont déposés aujourd’hui 1 016 œuvres de 440 artistes internationaux.
Le travail a commencé pour les 25 étudiants par une immersion dans le Frac de Marseille à la découverte des pièces sur catalogue, il s’est poursuivi par la sélection des œuvres sur la base de « coups de cœur », précisent les étudiants. « Nous avons choisi des œuvres qui nous touchent personnellement, puis confronté nos choix, argumenté ces choix, pour parvenir à une sélection de 34 œuvres qui reflètent la collection, offrent une vision homogène des époques et des courants. »
Il a fallu ensuite construire l’exposition dans une scénographie appropriée. Dans le costume du commissaire, les étudiants se sont interrogés sur les problématiques que soulève la constitution d’un corpus d’œuvres : comment communique une œuvre ? Que nous donne-t-elle réellement à voir ? Comment fonctionne-t-elle par rapport aux autres ? Une phase importante a été la mise en relation des oeuvres entre elles, offrir un cheminement au visiteur.
Ouvert par un tableau de Jean-Pierre Bertrand auquel a été emprunté le titre de l’exposition « Je ne sais pas ce que j’ai vu », l’espace est structuré par un couloir central avec la perspective en fond de l’œuvre monumentale de Dieter Appelt Tableau space de 1990. Un couloir parcouru par une salle centrale au milieu de laquelle trône la sculpture de Toni Grand Colonne double, de 1983. Cette salle centrale distribue vers des espaces plus intimes, des salles non-closes formées selon les qualités graphiques des œuvres, l’harmonie des couleurs ou des matériaux la similitude du sujet ou bien le contraste entre elles. Les étudiants se sont confrontés aux aspects matériels de l’accrochage s’agissant notamment de l’éclairage des œuvres qui l’ont été individuellement.
Les 25 étudiants, principalement des étudiantes, de l’option art ont assuré la confection d’un catalogue qui replace chaque auteur dans son contexte propre et réalisé les supports de communication. Une expérience professionnalisante pour ces apprentis artistes.
« L’exercice a consisté à parvenir à écrire une histoire à partir d’une matière hétérogène », explique Yann Fabès directeur de l’Esadse. Il en ressort un regard sur une collection d’art contemporain qui en livre les aspects les plus saillants représentatifs du fonds reconnaît le directeur du Frac Paca, Pascal Neveux. 34 œuvres déposées du Frac de 1970 à 2012, proposent un tour d’horizon de la création des trente dernières années. Une véritable exposition muséale riche par l’intérêt qu’elle présente de révéler les chemins ou des chemins de la création aujourd’hui.

Daniel Brignon

 

« Je ne sais pas ce que j’ai vu »

Les étudiants expliquent ce titre emprunté à une citation du peintre Jean-Pierre Bertrand  : « Je ne sais pas ce que j’ai vu est une mise à nu sous les regards. C’est notre perception qui vient se poser, habiller et faire aussi sa propre histoire.
Le regard n’use pas les formes, les images, et ici elles ne sont pas là pour être consommées mais pour que l’on se laisse transpercer par elles, qu’elles vivent un peu à l’intérieur de nous et qu’on laisse ensuite notre tour, au suivant, notre place de spectateur.
Je ne sais pas ce que j’ai vu sont des œuvres qui ne se laissent pas savoir facilement.
Je ne sais pas ce que j’ai vu est l’absence d’un souvenir distinct. C’est une rémanence, une sensation floue qui reste, là. »



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide