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Le FN vers les sommets en Isère ?

Isère le 07 novembre 2015 - Eric SéVEYRAT - Politique - article lu 402 fois

Le FN bat la campagne, avec méthode, surfant sur ses bons scores, et sur des sondages favorables, dans l'Isère comme ailleurs en Rhône-Alpes/Auvergne. La « caravane militante » écume foires et marchés, « se concentrant, selon la tête de liste iséroise Bruno Desies : sur les zones laissées pour compte : quartiers populaires et zones rurales éloignées ».

Bruno Desies, tête de liste

Pour le FN la réforme territoriale mettant en place les grandes régions est « aberrante, explique Bruno Desies, c’est la déconstruction de l’Etat nation au profit de l’Europe, à laquelle nous sommes viscéralement opposés, la découpe par départements est installée et validée par le temps depuis plus de deux siècles. Si l’on a un problème à régler à plusieurs : transports ou autres, les départements peuvent se réunir entre eux…il faut rendre la Région la plus légère possible. »

Le décor est planté. Globalement le FN étant un parti nationaliste favorable à un Etat nation fort, il n’est pas un fanatique de l’administration en régions : « Nous considérons que la région n’a pas à s’additionner aux structures qui existent déjà. On l’a bien vu dans l’affaire Erai (« Entreprise Rhône-Alpes International », organisme financé par la Région, en liquidation judiciaire, Ndlr)… Que la Région Rhône-Alpes s’amuse à mettre des ambassades à l’étranger avec le bureau, les cadres, la photocopieuse et les voyages des conseillers, c’est des jobs pour les copains, c’est presque de l’abus de bien social… En revanche, aider véritablement les entreprises à s’implanter, c’est utile, on peut faire énormément à distance, je suis spécialiste de l’Asie, on peut préparer des dossiers à distance, connaître la profondeur du port de Rangoon par exemple. Il faut connaître les pays. L’outil Erai qui a coûté 80 M€ sur la mandature, est-ce qu’il a rapporté 80 M€ ? Il y a d’autres moyens d’aider les entreprises, organiser des missions… Il y a déjà une "foultitude" d’organisations comme bpiFrance. La Région peut venir en back-up sur des projets, et mettre en place temporairement une structure locale,  mais la bureaucratie de la Région reconductible tous les ans, il n’y a pas de raison. Pour Erai, il y avait cinq salaires à plus de 12000 € à Lyon, sans compter les voyages en business class. Le président touchait 144 000 € par an, cumulant avec sa retraite... »


Le candidat Bruno Desies (prononcez Désiès), 62 ans, marié, trois enfants, est chef d’entreprise dans l’immobilier. Tête de liste pour l’Isère, il milite depuis plusieurs années au Front national, dont il est membre du « Cap Eco », le comité d’action programmatique économique de Marine Le Pen. Il s’est frotté une première fois à une élection locale en mars dernier. Habitant Voiron, il s’est présenté dans le canton voisin, dans le fief du président sortant André Vallini (PS). Le binôme Fn a alors dépassé les candidats de la droite UMP au premier tour et totalisé 35% des suffrages (au 2è tour). Jusqu’en 2000, Bruno Desies a été cadre international dans l’industrie (Air Liquide) et dans les services publics d’Etat, pour l’expansion économique en Asie (Birmanie, Hong-Kong, Singapour…).
 

Un FN à 28% en Isère

Le Front national (liste Christophe Boudot), est crédité en Auvergne/Rhône-Alpes (sondage BVA-23 oct.) de 21,5% au premier tour et de 23% au second tour des élections des 6 et 13 décembre prochains, derrière le candidat sortant PS, Jean-Jack Queyranne (24 % au 1er tour et 37% au second) et le candidat LR, Laurent Wauquiez (35% et 40%). Ce qui, compte-tenu du scrutin proportionnel, conduit à un doublement voire un triplement du nombre de sièges FN dans l’hémicycle de la future grande région au premier janvier 2016 (en projection selon sondages : 40 sièges environ sur 204). Le Fn dispose actuellement de 15 sièges en Rhône-Alpes (ex-liste Gollnish, 10,83% au second tour en 2010) mais n’avait pas pu se maintenir au second tour en région Auvergne en 2010 : « Nous avons donc là une forte marge de progression, affirme Bruno Desies, dans le cantal par exemple. »
Dans les intentions de vote régionales, le Fn a doublé son pourcentage par rapport aux résultats des dernières régionales de 2010.

Il a très fortement progressé dans toutes les dernières consultations des électeurs « Aux européennes de mai 2014, nous avons réalisé 80000 voix dans l’Isère,  aux départementales de mars 2015 : 105 000 voix (26,5%), précise le candidat. En Isère, nous attendons 28 à 30 % des voix (Ndlr : 5% au-dessus de la moyenne régionale). Nos autres points forts sont la Loire (30% aux départementales), l’Ain (28-30%), et la Drôme. Nous sommes en retrait sur la Savoie et la Haute-Savoie. ». Dans l’Isère, le Fn serait donc crédité de 7 à 9 conseillers régionaux au soir du deuxième tour du 13 décembre : « De plus on risque de se trouver avec une quadrangulaire, car je vois mal les socialistes fusionner avec EELV-Front de Gauche, notamment sur Grenoble, ou alors ils se contrediront complètement (Ndlr : il faut 10% pour se maintenir au second tour, 5% pour fusionner). C’est là que tout change. Si nous faisons un score conforme à la tendance nationale de 30-33%, tout est possible. On peut se retrouver en tête au premier tour sans avoir la majorité absolue. »

Eric Séveyrat

 

Les dix premiers noms de la liste FN iséroise


Dans l’Isère, les listes devront comporter 32 noms sur 204. Comme d’autres formations politiques, le Fn ne donne pas l’entièreté de sa liste. Voici les dix premiers noms. Ouvert depuis lundi 2, les candidats ont jusqu’au lundi 9 novembre à midi pour déposer leurs listes en préfecture.
Bruno Desies (Voiron, Muriel Burgaz (Saint-Martin-d’Uriage, Alexis Jolly (25 ans, intérimaire, Échirolles), Marie De Kervereguin (34 ans, mère au foyer, Corenc), Alain Breuil (57 ans, ingénieur, Grenoble), Béatrix Bolvin (orthodontiste, Seyssins), Olivier Amos (38 ans, chef d’entreprise, Corenc) Paulette Roure (77 ans, clerc de notaire retraitée, Apprieu) , Norman Mechin (36 ans, éducateur, Vienne), Isabelle Chareyron (44 ans, éducatrice, Roussillon).



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