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Le Cucs est mort, vive le contrat de ville ?

Isère le 19 septembre 2015 - Xavier ALIX - Isère rhodanienne - article lu 300 fois

Le Cucs est mort, vive le contrat de ville ?
DR - 6 quartiers séléctionnés (10 670 habitants) contre 7 (16 500) auparavant

Signé en juillet dernier, le Contrat de ville de l'agglomération viennoise succède à partir de cette année au anciens Contrats urbain de cohésion sociale (Cucs). La réduction du périmètre sélectionné et du nombre d'habitants concernés signifie-t-il un repli de la politique de la Ville menée par l'Etat ?

Les contrats de ville 2015-2020 signés en juillet dernier créent 1 300 quartiers prioritaires remplaçant 2 500 Cucs. Si le contrat de ville 2015-2020 a le mérite d’éclaircir la nébuleuse des classifications de la politique de la ville, il réduit en revanche le nombre de quartiers classés et leur périmètre. 

Signé le 9 juillet dernier avec 6 autres contrats en Isère, tous désormais d’échelle intercommunale, celui de l’agglomération viennoise concerne six « quartiers prioritaires » contre sept avec les Cucs. L’Isle (1 850 habitants sur Vienne) est en effet sorti du dispositif. Et ceux maintenus de Chasse-sur-Rhône (Barbière), Pont-Evêque (Les Aures) ainsi que les trois Viennois Malissol, Estressin, et Vallée de la Gère voient leur périmètre réduit par rapport aux CucsLe 6e quartier est un nouvel ensemble : les Genêts-Cancanne ainsi que Charlemagne sélectionné de justesse. 10 670 personnes habitent ces nouveaux périmètres. Ils étaient 16 494 avec les CucsL’Etat a en effet mis en place une méthodologie de sélection plus restrictive : sur la base d’un « carreau » de 200 m sur 200 m appliqué par l’Insee à l’ensemble du bâti, un revenu moyen par habitant inférieur à 60 % du revenu médian national intègre ou non ce même carreau au dispositif. Le Cucs ajoutait, lui, aux notions de revenus médians, celles d’équipements publics, de taux de chômage etc.

Le conseil municipal de Vienne a voté le 6 juillet le dispositif. Face à une opposition socialiste qui s’interrogeait sur cette cartographie imposée par l’Etat, notamment sur le fait qu’elle pouvait exclure un ménage modeste à proximité, le maire Thierry Kovacs et président de ViennAgglo estimait lui que le nouveau découpage ne changeait « pas grand chose pour les habitants. Ce ne sont pas les individus qui sont ciblés mais des subventions à des projets qui profitent aux habitants au-delà de ces limites. »

Cette cartographie, l’Etat la justifie par l’idée de « concentrer » les moyens. Du politiquement correct qui annonce le recul des moyens ? Les contrats de ville mobilisent une foule de financeurs (Etat, Région, Département, intercommunalités, Villes, caf, Caisse des Dépôts) plus ou moins appliqués selon les projets, réétudiés chaque année.  Début juillet, T. Kovacs espérait 600 000 à 700 000 € par an de financements spécifiques cumulés pour son agglomération. En 2015, cette somme sera de 596 000 €... La dernière année Cucs, en 2014, la somme avait été de 790 000 €. En 2015, tous les financeurs ont  rogné « leur part » à l’exception de Chasse-sur-Rhône. Sachant que de 2007 à 2012, les fonds spécifiques Cucs variaient sur l’agglomération d’1,2 à 1,3 M€. Avant de reculer fortement en 2013 et 2014…

Xavier Alix

 

 

Quelles actions ?

Le contrat de ville n’est pas à confondre avec l’Anru, vrai bulldozer national de la rénovation du bâti mobilisant des milliards d’euros à l’échelle nationale. L’Anru est cependant censée cadrer ses actions sur les périmètres contrats de ville même si…son acte II a été lancé avant ! Si les contrats de ville contribuent à la marge à l’amélioration du bâti - 9 actions sur l’agglomération viennoise en 2015, 20 % des financements spécifiques -l’objectif prioritaire reste la cohésion sociale avec sur l’agglomération 64 actions en 2015 de prévention de délinquance, petite enfance, éducation, santé mobilisant 50 % des crédits spécifiques. Le développement économique lui décline 24 actions pour 20 % des crédits. Coordonnés par l’agglomération, des appels à projets sont lancés chaque année, les différents financeurs acceptant ou non, selon leurs compétences et objectifs, d’utiliser leurs crédits spécifiques pour leurs réalisations.

 

 



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