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Le coup du jeune à la mairie de Bard

Loire le 10 avril 2014 - Louis Thubert - Actualités - article lu 1614 fois

Le coup du jeune à la mairie de Bard
« J'ai à coeur de montrer qu'on a les épaules pour la mairie », déclare Quentin Pâquet, en parlant de sa liste « Bard et vous ! » (© LT )

Dans son bureau de surveillant au lycée de Beauregard, Quentin Pâquet n'a pas l'air beaucoup plus âgé que les lycéens dont il a à s'occuper.

Pourtant, depuis le 5 avril, le jeune homme de 22 ans est aussi le maire de Bard. Le plus jeune de la Loire, et de France aussi, même s'ils sont plusieurs prétendants à ce titre. Et contrairement à ses autres « collègues maires » de 22 ans, élus dans le Nord ou l'Essonne, ce n'est pas Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy qui lui ont donné envie de faire de la politique. « Avec deux amis, Martin Prat et Romain Chatain, on avait envie de faire bouger les choses à Bard, déclare Quentin Pâquet. On avait donc créé une association de jeunes du village il y a 3 ans. »
L'envie d'insuffler de nouvelles idées lors des conseils municipaux les a poussés, voici six mois, à monter une liste, à trois. A ce moment-là, Quentin pensait qu'ils parviendraient, peut être, à être élus conseillers municipaux, mais il ne s'attendait pas à devenir le premier élu de sa commune, nichée dans les monts du Forez. Le nom de leur liste, « Bard et vous ! » reflète leur humour, mais aussi leur envie d'associer les Bardois à la gestion municipale.
Et puis le maire sortant ne s'est pas représenté. « Personne de l'ancienne équipe n'est reparti, raconte Quentin. Nous étions les seuls à nous être déclarés en préfecture ! On s'est posé la question de partir, et puis on a décidé de prendre nos responsabilités jusqu'au bout, de se bouger pour trouver des gens pour compléter le conseil municipal d'ici le second tour. » Mission accomplie : les trois copains de 20, 21 et 22 ans ont trouvé 8 autres personnes. Bard ne passera donc pas sous la tutelle de la préfecture, ce qui serait arrivé si la commune n'avait pas été pourvue en maire, et ne sera pas non plus rattachée à Montbrison, ce que les trois amis craignaient.

L'envie de faire vivre sa commune

Quentin Pâquet ne s'attendait pas à être élu maire, mais il est conscient des responsabilités inhérentes à son mandat : « Je sais que tout ne sera pas comme je m'y attendais, et que je vais avoir des critiques. A mon âge, on préfère une après-midi entre amis plutôt qu'une réunion de quatre heures afin de savoir si le montant d'une subvention sera de 500 ou de 700 € ! », lance-t-il en souriant. Il sait qu'il a beaucoup à apprendre, mais a envie de faire vivre sa commune.
Avant de revenir dans la Loire, Quentin Pâquet a travaillé deux ans comme horticulteur près de Vienne. « A un moment, j'ai senti que j'avais besoin d'un changement. Je me suis posé la question de partir à l'étranger ou de revenir à Bard. » Après quelques mois au Québec, la solution lui est apparue, claire comme de l'eau de roche : « C'est pas en m'éloignant de mes racines que ça va, donc je suis retourné ici. Ça me fait du bien. » Amis et famille l'ont prévenu : la mission d'un élu est difficile. « Je sais que ça va me prendre beaucoup de temps, mes proches me l'ont dit, assure-t-il. Mais ils m'ont aussi dit que c'était une belle démarche militante ! Et puis, ils m'aideront à avoir une vie sociale et familiale. Ils me soutiennent. »
Son père Joël glisse qu’il est « fier. Je suis par contre un peu inquiet aussi, car cela représente une grosse charge. Il ne faut pas trop que ça décide toute sa vie pour les six ans à venir. » Mais ses parents sont confiants dans ses capacités à gérer Bard avec son équipe : « il a les épaules », déclare son père. Geneviève Crépinge, sa mère, ajoute : « entre les deux tours ils ont su s'entourer d'une équipe d'adultes. Il ne va pas tout faire tout seul. »
Une fois en place, il sait que la tâche va être rude : « Il y a le PLU qui va changer, les rythmes scolaires, la voirie à améliorer..., énumère Quentin Pâquet. Je sais bien qu'on ne va pas pouvoir faire de grands bouleversements ! » S'il regrette que le maire précédent, Roger Vernet, n'ait pas plus écouté les suggestions des villageois, il salue toutefois son bilan : « il a fait du bon boulot ! » Quentin Pâquet compte bien assumer son tout nouveau rôle jusqu'au bout, avec motivation mais en étant conscient de ce qu'il a à apprendre. « Tout ne sera pas facile, il y aura forcément des déçus, mais j'ai envie de communiquer avec les Bardois. » Quand on lui demande s'il pensait, il y a six mois, qu'il serait maire de sa commune, il rit sincèrement. Mais compte bien tenir sa parole : « Je m'y suis engagé, je vais le faire. »

Louis Thubert


Citation :
« “Demain il fera jour" : on se répétait ce proverbe avec Martin et Romain, mes colistiers. Pour nous, c'est une manière de dire qu'il faut prendre la vie comme elle vient et ne pas se prendre la tête. »

Projet :
« Tout simplement bien assumer le fait d'être maire ! »

Date :
« Fin mars 2011, quand avec Martin Prat et Romain Chatain, on a créé l'Association des jeunes de Bard et de Lézigneux. »

Lieu :
« Le col de Baracuchet, c'est le point culminant de la commune. J'aime y aller quand j'ai besoin d'être dans ma bulle. »



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