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Le Comoedia : Premier centenaire !

Rhône le 29 août 2014 - Eric Séveyrat - Actualités - article lu 894 fois

Le Comoedia : Premier centenaire !
(©Michel GODET)

Il pourrait s’appeler le Phénix, l’Insubmersible, ou l’Increvable.

Le Comoedia a échappé plusieurs fois de très peu à une fin définitive. Cela va faire 100 ans que la salle de l’avenue Berthelot (Lyon 7e) est ouverte : « 100 ans déjà !, s’exclame son patron Marc Bonny, les historiens n’ont pas retrouvé la date précise… La demande d’autorisation de travaux date du 17 janvier 1914 ». Parmi les trois premiers cinémas de Lyon, l’établissement de l’avenue Berthelot est fondé par un forain sédentarisé, Jules Pinard, « Melchior » de son pseudo (le cinéma est alors une attraction ambulante). L’affaire de Pinard va bien marcher et il ouvrira deux autres salles : le Saxe (devenu théâtre de la Tête-d’Or) et le Lafayette (devenu La Fourmi). Emile Peyre qui rachète le Berthelot en 1924 le baptise Comoedia. Il lui donne la capacité de 900 fauteuils. En 1928, sa fille épouse un employé des Huit Nefs (ex-Scala), un certain Emile Lapouble. Le Comoedia connaîtra de grandes heures avec la famille Lapouble, qui conservera son cinéma jusqu’en 1993, avant de le céder à UGC. Dès le début des années 30, Lapouble est à l’affût des avancées technologiques, il sera parmi les premiers à s’équiper en sonore, puis plus tard en Todd-Ao et 70 mm. Pendant l’Occupation, le siège de la Gestapo est installé en face du Comoedia. Le cinéma est réquisitionné par les Allemands. Rémi Lapouble va passer cette période à Saint-Genis-sur-Guiers (Savoie). Lors des bombardements alliés du 26 mai 1944, les Américains vont rater leur cible. En voulant détruire le siège de la Gestapo, ils raseront le Comoedia. Il faudra 5 ans et la ténacité des Lapouble pour le faire renaître. En 1949, le cinéma rouvre, avec un écran de 100 m2. Le Comoedia n’est plus une salle de quartier, il tiendra longtemps le haut du pavé. Dans les années 60 et 70, de prestigieuses avant-premières font sa renommée : Ben-Hur, West-Side Story… qui resteront programmés 40 semaines dans la salle de 700 places. Les stars se bousculeront pour venir présenter leurs films au Comoedia : Alain Delon, Jane Birkin, Pierre Richard, Henri Verneuil… A partir des années 80, l’arrivée des multiplexes va compliquer la situation des indépendants. En 1993, la famille Lapouble cède l’affaire au groupe UGC qui l’exploite jusqu’en 2003. Puis, fermeture brutale. Marc Guidoni, un passionné, va se mobiliser. Il contacte les anciens propriétaires, puis le promoteur qui avait acquis les murs, Pierre Nallet. Celui-ci se laisse séduire par l’idée de la continuation d’un cinéma. Marc Bonny entre dans le jeu et bâtit un projet. Une sacrée prouesse. Le patron du Comoedia est un homme modeste : « Notre réussite actuelle avec notre programmation (souvent des films à moins de 2 M€ de budget) n’est possible que dans une agglomération comme Lyon. Nous sommes sur une partie du marché. Nous diffusons les films des auteurs devenus très connus comme Clint Eastwood, Woody Allen mais aussi leurs successeurs potentiels…» Une métropole possède en elle-même le vivier potentiel de spectateurs qui ne trouvent pas leur bonheur dans les salles où l’on mange du pop-corn. Lorsque l’équipe de Mac Bonny a repris après UGC, le cinéma réalisait 210 000 entrées. Il en totalise aujourd’hui 320 000. De grands réalisateurs et acteurs passent par le Comoedia. A chaque fois, la salle est pleine et de vrais débats s’engagent avec le public. Le Comoedia est souvent le seul à diffuser certains films à Lyon ! « Nous travaillons comme des artisans, conclut Marc Bonny, notre programmateur Ronan Frémondière visionne tout, choisit… Le plus délicat est de refuser des films sans se fâcher, par manque de place… »


Eric Séveyrat


LE COMOEDIA AUJOURD’HUI ET DEMAIN

Du 10 septembre au 7 octobre, de nombreuses manifestations sont organisées à l’occasion du centenaire (www.comoedia.fr). Le Comoedia : 320 000 entrées par an et un chiffre d’affaires de 2 M€ environ. La subvention CNC (centre national du cinéma) qui permet d’avoir le label « Art et essai » ne représente que 5 % des recettes. Une autre subvention européenne, « Europa Cinémas », liée à la diffusion de films issus des pays de l’UE représente 5 % des recettes ; 90 % sont des recettes propres (entrées). Une nouvelle communication en septembre, avec site Internet, application mobile, vente à distance. L’espace restauration est confié à un prestataire traiteur restaurateur spécialisé dans les lieux culturels, Café cousu, dès le 1er septembre avec une offre étoffée.



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