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Le chef Laurent Campellone couronné personnalité lyrique de l'année

Loire le 25 juin 2014 - Mathieu Ozanam - Musique - article lu 706 fois

Le chef Laurent Campellone couronné personnalité lyrique de l'année
(Photo : J.A. Raveyre)

Comment accueillez-vous cette distinction dans ce contexte particulier ? Concernant la situation actuelle je suis soumis à un devoir de réserve.

Comment accueillez-vous cette distinction dans ce contexte particulier ?

Concernant la situation actuelle je suis soumis à un devoir de réserve. Pour ce qui est de ce prix c’est avec une très grande joie que je le reçois car il vient récompenser plus de 20 ans de travail sur la musique française dont une dizaine d’années passées à Saint-Etienne mais également à l’étranger où j’ai défendu notre patrimoine par exemple au Brésil avec Les Troyens de Berlioz ou en Russie avec Les Contes d’Hoffman d’Offenbach dans une version complète. Ce travail s’est fait aussi avec des partitions plus confidentielles. Il correspond à une conviction très forte chez moi que nous avons quelques arbres dans le répertoire français que sont Ravel, Debussy, Fauré qui cachent une forêt de compositeurs. Et même chez ceux-là quelques œuvres sont cachées par les plus connues.

Bien évidemment je partage ce prix avec tous les musiciens de l’orchestre de Saint-Etienne, les chœurs et le public très fidèle. On peut programmer des pièces tout à fait inconnues et le public fait confiance en venant les voir.

A travers vous c’est le répertoire français qui est mis à l’honneur ?

Pour ma génération la création du Palazzetto Bru Zane, une fondation de musique romantique française est le 2e acte de la révolution dont le 1er a été la redécouverte de ce patrimoine faite par les anglo-saxons dans les années 1960-1970. La fondation permet à des personnes comme moi de montrer son extraordinaire diversité. C’est une révolution car cette institution fait la promotion de la musique romantique française en éditant des disques, en rééditant des partitions, etc.

Ce prix, qui existe depuis 50 ans, s’inscrit dans une perspective. On m’a cité les noms de mes prédécesseurs lors de la remise du prix au Théâtre de la colline : Seiji Ozawa, John Eliot Gardiner. Le nom de mes prédécesseurs forcent à l’excellence. Cette perspective fait qu’on est encore plus contraint à l’excellence. Je ne dois pas manquer à mes devoirs. J’ai la nécessité d’être digne de ce prix et de m’inscrire dans cette tradition. C’est un grand encouragement à persévérer dans ce répertoire français.

Vous étiez récemment au Bolchoï pour des représentations de Carmen, vous y retournez bientôt ?

Avec le Bolchoï une vraie histoire d’amour se développe depuis 3 ans. C’est une maison d’une dimension internationale, mais au-delà, cette maison est habitée par une âme qui force à la fois le respect et pousse les musiciens à aller au plus profond d’eux-mêmes. Ils sont d’une telle exigence avec eux-mêmes qu’il faut passer une barrière de feu. Une fois que cette distance nécessaire a été franchie, alors il n’y a plus de limite à leur générosité. Je m’y sens en famille. Les musiciens sont heureux de me voir et moi je suis heureux d’être avec eux. J’étais au Bolchoï il y a quelques semaines et j’y retourne dans moins de 3 semaines pour des représentations de La Traviata.

Le public vous reverra-t-il un jour à Saint-Etienne ?

Pour l’instant je suis toujours directeur musical de l’Opéra-Théâtre. Mais il n’y a pas de hasard, comme dirait Diderot. Le répertoire français représentera 98 % de ma saison prochaine. L’opéra de Monte Carlo, l’Opéra comique, de très belles maisons m’invitent pour diriger des œuvres de Gounod, de Bizet et de Massenent.

Propos recueillis par Mathieu Ozanam



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