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Le Chambon-Feugerolles - 14-18 : portraits croisés de soldats Français et Allemands

Loire le 24 juillet 2014 - La Rédaction - Agglomération stéphanoise - article lu 631 fois

Le Chambon-Feugerolles - 14-18 : portraits croisés de soldats Français et Allemands
(D.R.)

« Cette exposition est née d'une volonté commune de mettre en avant des soldats jusque-là anonymes dans les deux villes », explique Evelyne Vallon, responsable du service patrimoine au Chambon. Revêtus des uniformes français ou allemands de leurs différents corps, les jeunes soldats ont la même pose conquérante devant l'objectif.

« Cette exposition est née d'une volonté commune de mettre en avant des soldats jusque-là anonymes dans les deux villes », explique Evelyne Vallon, responsable du service patrimoine au Chambon.
Revêtus des uniformes français ou allemands de leurs différents corps, les jeunes soldats ont la même pose conquérante devant l'objectif. Dans leur brièveté, leurs fiches racontent la même histoire du côté français ou allemand. La date d'incorporation, le métier qu’on laisse pour partir au front : mineurs, fondeurs, mécanicien au Chambon ou agriculteurs, forgeron, employé des postes pour la commune allemande, plus rurale. Ensuite, ce sont leurs campagnes, les faits d'armes dans les mêmes lieux tristement célèbres. On y évoque aussi les  rapatriement pour blessures, ingestion de gaz ou, plus heureusement chez nous,  pour reprendre le travail dans les mines.
En filigrane se lisent les destinées dont certaines écourtées comme celle de Claude Barge incorporé à 18 ans et demi en avril 17, mort à 20 ans le 5 octobre 18, ou celle d’André Ravel, « mort pour la France » dès septembre 14. Tous, les Chambonnaires - Claudius Ganivet, Claude Barge, Fernand Gessent, André Ravel, Louis Dupuy, Antoine Olivier, Prosper Faure, François Laurent - ainsi que les habitants d'Herzebrock-Clarholz - Gottfried Pavenstädt (maire de Clarholz avant et après la guerre), Johannes Oebbecke, Richard Cordes, Wilhelm Schultz, Josef Birwe, Konrad Ostermann, Hermann Bornemann, Düpjohann Bernhard - sont ainsi sortis de l’ombre le temps d'une exposition.
Les portraits sont accompagnés d’extraits de correspondances de soldats traduits dans les deux langues. Ils montrent, notamment dans les extraits de « Paroles de poilus », la lassitude commune et soulignent les moments de fraternité qui pouvaient parfois exister entre eux sur le front. Les textes de Kurt Tucholsky sont plus radicaux : « jetez les drapeaux, tendez une main fraternelle... Par dessus les tranchées, les gars par dessus les tranchées.» « Cependant, précise Evelyne Vallon, alors que dans notre mémoire nationale, la guerre de 14-18 tient une place majeure, en Allemagne ce conflit a presque été occulté, totalement submergé par les traces plus profondes du deuxième conflit mondial.»
Cette exposition est visible dans le hall de l'hôtel de ville du 15 juillet au 29 août puis en septembre à l’espace culturel Albert-Camus. Elle partira ensuite en Allemagne l’année prochaine pour être exposée à Herzebrock-Clarholz.


Un appel aux familles

Le projet est parti d'une demande de l’archiviste d'Herzebrock : « les services patrimoine des deux villes et l’école intercommunale des arts du Chambon et de La Ricamarie y ont travaillé, précise Evelyne Vallon. Il n’a pas été facile de rassembler portraits et lettres. Depuis la Première guerre mondiale, les familles s'étaient dispersées et les documents et photos n'avaient pas été tous conservés. Nous avons fait appel à la presse, aux associations. » « Pour certains il a fallu également, ajoute Evelyne Vallon surmonter des réticences - qu'aurait pensé l’arrière grand-père de cette fraternisation? - mais au final, les familles présentes au vernissage (et pour certaines, venus de très loin) ont été très émues par l’exposition. »



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