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Le camp de Chambaran, plus qu'un camp militaire !

Isère le 23 novembre 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 2003 fois

Le camp de Chambaran, plus qu'un camp militaire !
Le périmètre du camp de Chambaran fait partie des quatre sites militaires pilotes retenus en France (D.R.)

En France, 250 000  ha de terres sont gérés par le ministère de la Défense.

Souvent associée à un comportement insensible à l'environnement humain ou physique, l'Armée a depuis quelques années pris une part grandissante dans la conservation de ce patrimoine vierge d'industries ou d'agriculture intensive.  Un engagement bien compris : « Croiser les besoins opérationnels et la gestion du patrimoine permet de participer à la préservation du patrimoine naturel, d'entraîner les soldats qui doivent composer avec la nature lors de missions à l'étranger et d'ouvrir le monde de l'armée aux jeunes » indique le capitaine Jean-François Legal, commandant du camp de Chambaran. Pas d'incompatibilité d'idées et d'actions donc entre le métier de militaire et la préservation  environnementale. Une attitude concrétisée depuis 2009 par la signature d'une convention avec la Fédération des Conservatoires des Espaces Naturels, qui concerne 29 terrains militaires. Puis par un projet proposé  à l'Europe et lancé fin 2012 : le Life Dense Nature 2 mil  pour une démonstration des pratiques de restauration ou de conservation des écosystèmes. Le camp de Chambaran fait partie  des quatre sites retenus *

Un site remarquable

Les récentes études ont confirmées quantitativement les richesses du site : 88 espèces végétales, 108 oiseaux différents, 173 espèces de coléoptères et aussi 23 des 30 espèces de chauve-souris recensées en Rhône-Alpes.  Autre intérêt : son substrat unique dans les Alpes françaises (de la glaise à quartzite) et sa position en limite de l'influence atlantique qui offre un territoire à des espèces tant maritimes que montagnardes. Une campagne de travaux a commencé en 2013 avec des objectifs précis : restauration des digues sur certains plans d'eau (étang de la Femme), lutte contre le robinier,  amélioration du territoire de chasse et de reproduction des chauves-souris forestières (conservation des arbres âgés). Actuellement en cours, une étude hydraulique déterminera la nécessité de refaire ou non l'écoulement naturel des étangs. C'est là qu'intervient le troisième acteur de cette opération : la Maison Familiale Rurale La Petite Gonthière, près d'Anse (69).  Une école qui délivre des formations dans les métiers de la nature du collège au Bac Pro Gestion des Milieux Naturels et de la Faune, certains élèves allant même plus loin dans une spécialisation au génie végétal. Les élèves intègrent ainsi la diversité des milieux environnementaux dans lesquels ils seront amenés à travailler comme chefs d'équipe ou garde technique, dans le public ou dans le privé. « Nous tenons à ce que ces futurs gestionnaires intègrent leurs connaissances théoriques en faisant l'expérience concrète du terrain »  précise Didier Dupuy responsable des relations professionnelles et  des chantiers. Vendredi dernier avait justement lieu une épreuve comptant pour le Bac…

Et après ?

La campagne de travaux se terminera en 2017. Les militaires auront alors à disposition un cahier de « bonnes pratiques » initié par le Conservatoire  qu'ils pourront eux-mêmes mettre en pratique. Conserver une dimension d'ouverture aux écoles est aussi le souhait du commandant auquel  ses supérieurs donnent une grande latitude dans les initiatives prises avec les acteurs locaux.  « Peut-être des classes vertes, qui sait ? » nous dit-il. Une histoire à suivre

Les missions de la fédération

Reconnue par les accords de Grenelle  (2011), la Fédération des Conservatoires d'Espaces Naturels  gère 2884 sites en France sur 4 missions : connaître, protéger, gérer et valoriser.  Parallèlement, elle créé des outils de gestion publique  (Réseau Natura 2000, Ens)  organise les connaissances
(Inventaire patrimoine naturel, Zone Naturelles d'Intérêt Faunistiques et Floristiques) et anime des groupes de travail sur les espèces exotiques envahissantes ou celles en voie de disparition.

Liliane Silva


*avec la base d'Aspretto en Corse, le Mont-Caumes  près de Toulon et le camp des Garrigues dans le Gard



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