Fermer la publicité

Le BTP entre dans le numérique

Loire le 13 juillet 2015 - Emilie Massard - Immobilier et BTP - article lu 731 fois

Le BTP entre dans le numérique
DR - François Bayle (à gauche) et son associé ont déjà mis en place la maquette numérique sur des projets locaux

Avec les règlementations thermiques à répétition, mais aussi le développement du numérique, les métiers du BTP sont en constante évolution. La mise en place d'une maquette numérique pour tous les acteurs de la construction devrait notamment faciliter le travail de chacun.

La modélisation des données du bâtiment (BIM), est l’un des grands chantiers qui occupe actuellement les acteurs de la profession, des représentants des différentes branches aux ministères concernés. Mais pour les artisans et les petites entreprises qui composent la majorité du tissu économique de notre territoire, c’est encore un peu abstrait.

François Bayle, économiste de la construction dirigeant une société stéphanoise, président départemental de l’Union nationale des économistes de la construction (Untec), et vice-président de ce syndicat au niveau national, œuvre parmi d’autres pour vulgariser ces aspects de la transition numérique du métier, et surtout dédramatiser ces changements : « Ce n’est pas une révolution de nos métiers que l’on va vivre, mais on va changer d’outil, et il faut s’y préparer correctement. Aujourd’hui on travaille principalement sur des plans en 2D, demain l’objectif du BIM sera de travailler sur une représentation graphique en 3D de ce que l’on conçoit, avec toute l’information que l’on peut y associer. » Outre la modélisation volumétrique d’un projet, les professionnels pourront donc y associer toute l’information architecturale, technique, des notions de coût, de temps, etc.

L’objectif de la maquette numérique, outre d’avoir un outil complet qui pourra être partagé par tous les acteurs de la construction, est aussi de mieux cerner les conséquences en termes d’exploitation. « La maquette sera une base de données pour le maître d’ouvrage, pour qu’il assure l’exploitation et l’entretien du bâtiment, ajoute François Bayle. Par exemple pour changer une ampoule, le technicien trouverait sur la maquette toute l’information nécessaire : la localisation du  bureau, le type d’ampoule, etc. Pas besoin d’allers-retours inutiles. Aujourd’hui sur 20 à 30 ans, 75 % du coût d’un bâtiment relève de l’exploitation et de la maintenance. Les travaux représentent 25 % et la matière grise 5 %. Pourquoi ne pas ajouter un peu de matière grise et investir un peu plus dans les travaux pour avoir quelque chose de plus fiable et qualitatif ? »

L’impulsion a été donnée par la loi Duflot qui va imposer l’intégration de la maquette numérique dans tous les marchés d’Etat à partir de 2017. Le gouvernement a suivi avec le lancement du plan de transition numérique, les professionnels et les maîtres d’ouvrage vont maintenant devoir s’y mettre. « Je suis sûr que dans 10 ans tout le monde aura apprivoisé ce nouvel outil. Technologiquement on est prêts, les entreprises ont seulement besoin de se former. »

Emilie Massard



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide