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Le billet vert : Avis aux amateurs

Loire le 30 octobre 2014 - Xavier Alix - Sports - article lu 340 fois

Sèche, bête et méchante.

Cette phrase de Stefan Effenberg est restée gravée dans ma mémoire. On est là à la toute fin des années 90 et c’est l’émission mythique qu’était alors L’Equipe du Dimanche qui la rapporte. Comme un écho à son doigt d'honneur adressé 4-5 ans plus tôt aux supporters suite à un piètre match de la Mannschaft à la Coupe du monde américaine, l’aussi caractériel que blondinet allemand, alors leader technique et, osons nous dire, physique, du Bayern Munich, avait lancé un cinglant : « le public n’a le droit que de payer et de se taire.» Provoc destinée à soulager son agacement monté en sauce par quelques critiques osées de supporters. Ceux-ci avaient beau être allemands, après tout, ils ne faisaient pas son travail de pro ces misérables amateurs peu qualifiés à juger ce pourquoi ils mettaient la main à la poche…

Sans aller jusque là, quel ne doit pas être l’agacement de Galtier, du staff, des joueurs, des dirigeants de l’ASSE quand bruissent les sons des remarques acerbes des « y a qu’à » et autres « on aurait dû ». Faut-il une tactique en 4 4 2, 4 3 3, 5 3 2 ? Fallait-il jouer plus offensif à Milan ? Notre Ricky aurait il la belle vie avec un autre compère d’attaque ? Le mercato fut-il mal géré ? Mollo : pourquoi ? Bien sûr, ces brèves de comptoirs, ces débats du dimanche ne font pas le poids d’un Bayal Sall quand il s’agit de les comparer avec les décisions de professionnels travaillant au quotidien sur le sujet et au courant de ses dessous dans des détails inconnus du public. Et pourtant, ces avis sont souvent sincères, parfois le fait d’amateurs très « éclairés ». En particulier dans le cas de l’ASSE. Plus que tout, sans cette fascinante faculté à se passionner, le football ne serait pas plus professionnel que le curling en France. Ce sont ces amateurs et leurs avis qui paient. Et sans parler de baisser son pantalon M. Effenberg, c’est justement pour ça qu’ils se respectent. Qu’ils fassent erreur ou non. Je ne sais pas cuisiner comme un chef. Mais le jour où je mange dans un restau de renom, si c’est mauvais, ma plainte est sans complexes.

Xavier Alix



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