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Le bâtonnier Estelle Gaillard : « La qualité de la justice à Bourgoin-Jallieu n’est plus à démontrer »

Rhône le 19 février 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 2203 fois

Le bâtonnier Estelle Gaillard : « La qualité de la justice à Bourgoin-Jallieu n’est plus à démontrer »
A la tête du barreau de Bourgoin-Jallieu depuis le 1er janvier, maître Estelle Gaillard compte poursuivre l'action entamée par ses prédécesseurs ; à savoir défendre la juridiction locale. Femme dynamique elle veut faire entendre la voix de Bourgoin-Jallieu entre Lyon et Grenoble. Rencontre.

Maître Gaillard, pouvez-vous nous donner quelques éléments de votre parcours professionnels ? Native de Bourgoin.

Maître Gaillard, pouvez-vous nous donner quelques éléments de votre parcours professionnels ?

Native de Bourgoin. J’ai prêté serment le 4 février 1999. Auparavant, j’ai travaillé comme salariée dans le secteur du crédit. Confrontée à la subordination et aux abus des banques, j’ai rapidement pris conscience que je devais envisager une réorientation. Défendre les victimes des abus bancaires a largement motivé mon choix… Etre avocate à Bourgoin est un choix. Je n’ai jamais envisagé de travailler ailleurs. Nous sommes 38 avocats inscrits cette année. Nous pouvons quasiment fonctionner en démocratie directe lors des assemblées. Cette justice à taille humaine nous permet de bénéficier d’un véritable esprit de corps.

Quel est votre sentiment face à ces nouvelles responsabilités ?

J’étais auparavant présidente de la Carpa, la Caisse des règlements pécuniaires des avocats. Le bâtonnat était pour moi une suite logique de mon investissement au sein de l’Ordre des avocats. Concernant mon action au barreau, il n’y aura pas de révolution, mais une vigilance maintenue face aux changements et potentielles réformes qui pourraient toucher la profession. Actuellement, nous sommes inquiets de l’impact que pourrait avoir la redéfinition de la carte des cantons sur la carte judiciaire. La seconde est en effet calquée sur la première. Si l’on se fie à cela, le tribunal de Bourgoin-Jallieu perdrait  des territoires au profit de ceux de Grenoble et de Vienne.

Quelles sont les solutions pour éviter cela ? La création d’une nouvelle carte judiciaire propre ?

La garde des Sceaux, ChristianeTaubira, a précisé que la nouvelle carte judiciaire était à l’étude et qu’elle ne devrait pas être calquée sur la carte des cantons. En revanche, elle ne souhaite par la création d’une carte dédiée. Elle a expliqué aux bâtonniers de France que l’on pourrait réfléchir à l’échelle de la commune et de la communauté de communes. Personnellement, je pense que le choix d’aligner la carte judiciaire sur celle des arrondissements serait le choix le plus simple et le plus pratique pour le justiciable.

En revanche, plus de crainte quant à la suppression du tribunal de Bourgoin ?

Ce n’est pas aussi simple. La cité judiciaire qui devait remplacer les tribunaux de Bourgoin et Vienne ne sera pas réalisée. Est-ce une victoire ou annonce-t-elle une réforme de plus grande ampleur ? Aujourd’hui  on ne nous parle plus d’économie, comme lors de la réforme Dati, mais de rationalité.  Derrière ce mot, c’est la départementalisation de la justice qui est recherchée. Je ne vois pas où est la rationalisation dans cette centralisation ; alors même que la qualité de la justice à Bourgoin n’est plus à démontrer. Il faut 4 mois pour obtenir une convocation à Bourgoin quand il faut attendre 5 à 6 mois à Grenoble et plus de 7 mois à Lyon… Nous devons donc continuer à défendre l’idée d’une justice de proximité. ?Les avocats du Nord-Isère ont aujourd’hui du mal à se dire que tout est revenu dans l’ordre. Lorsque l’annonce de la suppression du tribunal de Bourgoin est tombée, lors de la réforme Dati, j’ai eu du mal à  y croire. C’était un tremblement de terre. Nous sommes devenus d’un naturel méfiant.

Propos recueillis par Pierre Silvain



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