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Laurent Ronzon, « De la musique avant toute chose »

Loire le 13 mars 2014 - Béatrice Perrod-Bonnamour - Roannais - article lu 2829 fois

Laurent Ronzon, « De la musique avant toute chose »
(D.R.)

« Dans l’art, dans la musique, il y a de l’émotion… Je travaille au cœur des émotions », confie Laurent Ronzon.

Lors de l’Eveil de l’orgue de l’église Saint-Etienne à Roanne en octobre dernier, L. Ronzon, ce fut une voix off lumineuse qui commentait chaque pièce musicale avec brio.  Interrogation dans l’assistance : « France Musique, France Culture a déplacé des studios de Radio-France, l’un des siens ? » Eh bien, oui, c’était presque ça. Car le commentateur qui n’était autre que le directeur du Siemar,  a participé à nombre d’émissions radiophoniques sur France Culture et sur France Musique. Talentueux est l’homme, la trentaine, arrivé à Roanne le ler juillet 2012, succédant à Maurice Bolze parti à la retraite.
« Après avoir nommé par le ministère de la Culture, conseiller technique dans les Udesma pour les pratiques orchestrales (2002-2006), directeur pour le développement  du chant choral dans le département de l’Oise (FDCO 2006-2012), j’ai postulé dans trois villes, pour devenir directeur d’établissement. Reçu à Arras, Metz et Roanne, le choix fut difficile. Mais Roanne me semblait présenter le meilleur profil.»
Laurent naît en banlieue parisienne à Mantes-la-Jolie. Son père est directeur de banque. « Nous changions régulièrement de ville. Ma grand-mère maternelle pianiste m’a mis au piano. Mes parents m’ont inscrit à douze ans dans une école de musique. Pour moi, il n’y a pas vraiment d’âge pour commencer un instrument.»

Choix cornélien

« Ce sont mes professeurs de musique qui m’ont formé. J’ai bénéficié de leur réseau.  Ainsi ai-je pu rencontrer Philippe Manoury, professeur d’orchestration –le plus grand compositeur en résidence au Japon- Alain Gaussin, qui a orchestré des succès de Dutilleux, Cécile Gilly, productrice à France Culture. Elle m’a insufflé sa culture, son goût pour l’histoire, sa curiosité.  Ils m’ont préparé  pour entrer au CNSM (Conservatoire national supérieur de musique et de danse) de Paris.»
Laurent Ronzon aurait pu embrasser une carrière autre que musicale, car à l’issue de sa terminale, ses parents lui ont donné l’ordre de passer les concours des Grandes écoles. Le jeune homme réussit notamment HEC en même temps que le concours d’entrée au CNSM à Paris. « Ce fut pour moi, un choix cornélien. J’ai choisi la musique.»
Il mène alors un double parcours au CNSM de Paris et à l’université de Paris IV, où il passe un DEA d’Arts et Lettres, qui lui permet d’obtenir le Certificat d’aptitude de professeur chargé de direction.  Laurent perfectionne sa technique de direction d’orchestre auprès de grands pédagogues comme Pierre Cao et Jean-Sébastien Béreaux, mais surtout auprès de Sergi Célibidache (Munich et Paris), Pierre Boulez, originaire de la région, compositeur à Paris.

Cordes mêlées

Entre 2000-2005, il est directeur des tournées de la Maîtrise de la cathédrale d’Amiens, parallèlement, chef invité de l’Orchestre de Denver (Etats-Unis).  De 2005 à 2006, il devient chef assistant de Roger Epple à l’Orchestre philharmonique de Radio France. Puis aujourd’hui titulaire de l’orchestre parisien Cordes Mêlées, créé en 2006. Son éclectisme et son vaste répertoire en font un chef régulièrement invité par les chœurs amateurs et professionnels et les orchestres internations : Orchestre du Colorado, de Brastislava, du Conservatoire Tchaïkovski (Moscou)…
Passionné de musique française, Laurent s’intéresse à la période 1820-1970. Il travaille pour le patrimoine musical, participe à des colloques internationaux (Etats-Unis), à des émissions radiophonique (Euphonia pour France Culture) et pour France-Musique, produit Préludes pour la chaîne Mezzo. Il publie également dans des revues spécialisées ses réflexions esthétiques, artistiques ; participe à des ouvrages collectifs,  l’enseignement de la direction d’orchestre en France des origines à nos jours, l’Ecole César Franck, le Piano au Conservatoire de Paris dans les années 1930. Puis publie un livre sur Wagner.
En tant que chef d’orchestre, Laurent Ronzon explore des œuvres inédites, les créations contemporaines, danse, arts vivants, théâtre, marionnettes, tel le spectacle Le Cabaret du Chat noir pour la Cie nationale Jean-Pierre Lescot, le spectacle Dvorak pour le théâtre de Besançon ou  la Chauve Souris de J. Strauss pour différents théâtres parisiens… Orphée aux Enfers d’Offenbach dans l’Oise…
Laurent Ronzon, tous les week-ends rejoint son orchestre à Paris. Et de son enrichissement personnel, il tient à en faire profiter aux élèves du Siemar qu’il veut former à une pratique artistique, tous niveaux confondus. Il participe au rayonnement artistique de la ville par de brillantes conférences

Béatrice Perrod-Bonnamour

Date :
La chute du Mur de Berlin.

Lieu :
La Montagne, sur des sommets.

Une personnalité :
Rémi Stricker.

Une phrase :
« Il n’y a pas de plaisir sans émotion », Le Banquet de Platon.

Ambition :
Faire vivre des émotions.



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