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Laurent Pinatel, héraut de la « Conf' »

Loire le 12 décembre 2014 - Marine Graille - Actualités - article lu 625 fois

Laurent Pinatel, héraut de la « Conf' »
(M.G.)

Passionné. Révolté. Laurent Pinatel a l'âme d'un syndicalisme. Il est porte-parole de la Confédération paysanne depuis 2012. Son exploitation est installée à Saint-Genest-Lerpt, non loin de Saint-Etienne.

Laurent Pinatel a l’âme d’un syndicalisme. Il faut dire qu’il est tombé dedans très tôt. Ses parents agriculteurs lui ont transmis, dès son plus jeune âge, le gène puisque tous deux étaient adhérents de la « Conf’ » dans les années 1970-1980. C’est alors naturellement que le jeune Laurent a adhéré à la Confédération paysanne dès son installation en 1995 dans l’exploitation familiale.

A peine le temps d’y mettre le doigt qu’en 1996 il entre dans le bureau départemental. Cette époque correspond à la crise de la vache folle, une période qui a marqué le jeune agriculteur qui fut d’ailleurs directement concerné avec son exploitation de viande bovine. « Quelque part, cela m’a aidé à m’inscrire dans le militantisme. »

En 1999, à seulement 29 ans, Laurent Pinatel devient co-porte parole de la Confédération dans le département. A cette période, l’éleveur ne semble plus vouloir limiter son engagement qu’au seul syndicat. Il veut s’impliquer dans la vie politique locale et devient alors conseiller municipal à Saint-Genest-Lerpt. Ce nouveau rôle, qu’il tiendra jusqu’en 2005, l’amènera même à ne pas renouveler son mandat à la Confédération.

Pourtant, le syndicalisme est dans ses veines et Laurent Pinatel retourne alors aux sources et en devenant secrétaire départemental de la « Conf’ ». Il fait également ses premiers pas dans la « Conf’ » nationale et notamment la commission lait, sentant sa crise arriver à grande vitesse. « A ce moment là, j’arrivais à saturation et j’ai démissionné de mon poste de secrétaire départemental. » Si le Ligérien a souhaité prendre du recul avec la Confédération il n’a pas pour autant voulu couper totalement les ponts. Comme il le redoutait, la crise du lait arrive et s’en suivent 90 jours de grève dans la Loire. Laurent Pinatel s’implique beaucoup dans les manifestations et son âme de syndicalisme ressurgit. « Je me suis rendu compte que cela me manquait beaucoup de défendre les paysans et de porter des revendications politiques. » Le retour de Laurent Pinatel est tellement fracassant, qu’il sera assigné en justice avec 8 autres producteurs après un épandage de lait à Saint-Étienne. Il sera relaxé en 2012.

Pas de suite à la José Bové

Si la fièvre du syndicalisme ne l’a pas lâché, l’agriculteur pour autant ne se trouve plus vraiment en phase avec la Conf’ nationale. « Le lien s’était un peu cassé. » En 2010, le renouvellement national arrive. Le Ligérien ne compte pas passer à côté. Il est élu au comité national en 2011. « A ce moment là je n’ai pas senti qu’on m’accueillait à bras ouverts. » Il faut dire que Laurent Pinatel est du genre à ne pas mâcher ses mots et souhaite avec ses soutiens dépoussiérer le syndicat agricole. A l’issue de son mandat de deux ans, l’agriculteur envisage d’être N°1,  en devenant secrétaire général national et porte parole. Ces nouvelles responsabilités l’amènent alors à organiser des actions coups de poing comme à la Ferme des 1 000 vaches, quitte à être celui qui prend pour les autres puisqu’au procès en octobre dernier, L. Pinatel avait écopé de la plus lourde peine, 5 mois de prison avec sursis. Un jugement dont il a d’ailleurs fait appel.
Si l’agriculteur ligérien ne considère pas José Bové, son prédécesseur emblématique du début des années 2000, comme un modèle, il faut bien reconnaître certaines similitudes entre les deux hommes. Leur aisance naturelle face aux médias mais aussi leur capacité à organiser des actions coups de poing (le démontage d’un Mc Donald’s pour J. Bové, les 1 000 vaches pour L. Pinatel). Pour autant, la comparaison n’ira pas forcément plus loin puisque contrairement à l’homme à la moustache du Cantal, le Ligérien n’envisage pas de carrière politique et souhaite rester toujours impliqué dans l’activité de son Gaec aux côtés de son associée, Catherine sa sœur.

Marine Graille

 

 

Date : 1er juillet 1995 date à laquelle je suis devenu agriculteur

Lieu : Mon exploitation à Saint-Genest-Lerpt

Personnalité : Jean Moulin

Ambition : Comment arriver à se réapproprier le vivre ensemble ?

Citation : « Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes », Rosa Luxemburg



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