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La ZSP entre enthousiasme et scepticisme

Isère le 03 mars 2014 - Eric Séveyrat - Nord-Isère - article lu 532 fois

La ZSP entre enthousiasme et scepticisme
Un aréopage de services, d'institutions et d'élus destinés à se rencontrer régulièrement par obligation pour travailler à la diminution de la délinquance (D.R.)

Les maires des quatre communes concernées (Saint-Quentin-Fallavier (quartier des Moines), l’Isle-d’Abeau, Villefontaine, La-Verpillière) ont été conviés par le préfet Richard Samuel, ainsi que le procureur de la République du TGI de Vienne, Matthieu Bourette, dont le ressort inclut le périmètre de la ZSP.

Une quarantaine de participants a officialisé cette mise en place dont le colonel Jean-Valéry Letterman, commandant le groupement de gendarmerie de l’Isère. « La ZSP donne de bons résultats à Grenoble, a souligné le préfet de l’Isère. » Plus sceptique le maire de Villefontaine, Raymond Feyssaguet : « En 2003, j’ai connu les « 23 quartiers », cela nous a désignés comme quartiers à haut risque dans toute la France, aujourd’hui sur la ZSP je suis un sceptique à convaincre, même si je vais participer de tout cœur aux opérations… » Une ZSP c’est quoi ? Il s’agit d’abord de réunir autour des instances dirigeantes de la justice, police, gendarmerie tous les acteurs de la sécurité de façon régulière. Cela ne se fait pas naturellement qu’un maire, un commandant de gendarmerie, un chef d’établissement etc. se réunissent autour de ce thème, même si, bien sûr les contacts existent, ils sont informels le plus souvent. Trois commissions sont mises en place : la cellule opérationnelle, la cellule partenaires, et la cellule anti-fraude. Concrètement, et matériellement, ce sont aussi des renforts en hommes et en crédits : « J’ai à mon budget 38000€ pour des journées réservistes, un groupe de 14 gendarmes mobiles sanctuarisé pour le territoire signale le colonel Letterman, on va renforcer la présence et la visibilité du « bleu »…» et le préfet de son côté : « Nous avons une ligne budgétaire spécifique pour aider au développement de la vidéo-surveillance, elle est maintenant bien acceptée et bien encadrée, elle ne gêne que ceux qui ont quelque chose à se reprocher. Exemple : lorsqu’un malfaiteur agit en cagoule, il y a toujours un moment où il enfile et où il quitte sa cagoule, si une caméra le surprend, l’affaire est presque résolue, de nombreux faits sont élucidés de la sorte. » Sur la ZSP Nord-Isère, les faits de gêne à la tranquillité publique sont constatés chaque jour, avec des occupations de bas d’immeubles, des harcèlements, des rodéo en véhicules à moteur, et bien sûr l’ « éternelle » économie souterraine de la drogue : « L’une des meilleures armes pour lutter contre l’économie souterraine a noté le premier représentant de l’Etat, c’est la confiscation des avoirs criminels qui permet que l’économie souterraine ne se perpétue pas depuis l’intérieur même de la prison, celle-ci est vécue comme un « accident de travail » par le délinquant ! ». Le préfet a mis l’accent sur la taxation et la pénalisation de la consommation, qui permet, selon lui, une diminution du volume consommé, et donc une diminution de la demande, par conséquent une baisse des prix de l’offre et une régression de l’économie souterraine. Les trafics devenant moins intéressants. Dans la ZSP, l’accent sera mis sur la prévention et la surveillance des jeunes susceptible de décrocher et de tomber dans cette activité de l’économie souterraine. Des signalements nominatifs seront faits en réunion des partenaires par les chefs d’établissements scolaires, les professionnels de prévention et toutes personnes appartenant à l’un des 31 services et institutions (bailleurs sociaux, gendarmes, mairies, transports publics, etc.). Rendez-vous aux premiers bilans de fonctionnement dans le courant de l’année.

Eric Séveyrat



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